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Ce jeudi 9 juillet, notre parcours musical à Jazz à Vienne a débuté à 19 h 30 à Cybèle avec Kiefer. Le site du festival le présente comme un artiste dont « le son fusionne diverses modalités de la musique noire américaine, du jazz et du R&B au hip-hop et à la musique électronique ». Une description qui correspond à son parcours discographique, notamment ses albums publiés chez Stones Throw, label emblématique de la scène hip-hop instrumentale.
Pourtant, sur scène, c'est une autre facette qui s'est imposée. Le quartet nous a davantage rappelé New Jazz Underground, entendu la veille au Club. Un jazz à la fois ancré dans le hard bop et résolument contemporain, où l'improvisation, les échanges entre musiciens et l'énergie acoustique prenaient le pas sur les influences hip-hop ou électroniques que l'on pouvait attendre.
Au Théâtre antique, la programmation était annoncée comme une ‘Soirée Cuba’. Dans les faits, elle s'est révélée plus largement caribéenne, avant de se prolonger au Club avec un concert aux accents latino-américains.
The Getdown, projet réunissant des musiciens français et caribéens, ouvrait les festivités. Si le groupe revendique des influences afro-caribéennes, sa prestation nous a davantage évoqué un latin jazz moderne. Les claviers, piano comme orgue Hammond, occupaient une place centrale dans les arrangements et les improvisations. À l'inverse, le versant percussif, pourtant essentiel dans de nombreuses musiques caribéennes, apparaissait plus discret, la section rythmique se limitant à une batterie, sans percussionniste dédié. Le répertoire laissait toutefois entendre des clins d'œil à la biguine et au zouk, rappelant les racines antillaises du projet.
Le Buena Vista All Stars constituait l'affiche principale de la soirée. L'appellation ‘All Stars’ est à relativiser. La plupart des figures emblématiques du Buena Vista Social Club ont disparu, ont cessé de se produire ou poursuivent désormais leur carrière en solo. La formation actuelle perpétue avant tout l'héritage du collectif qui a fait connaître la musique traditionnelle cubaine au monde entier. Deux musiciens sont toutefois directement liés à cette histoire : Barbarito Torres, membre historique du Buena Vista Social Club, et Demetrio Muñiz, collaborateur de longue date du projet.
Pour autant, il ne faudrait pas s'arrêter au nom. Les musiciens réunis sur scène sont tous d'un excellent niveau et offrent un spectacle généreux et authentique, digne de leurs prédecesseurs. Pendant près de deux heures, le public a voyagé au fil du son cubano, de la salsa cubaine (plus chaloupée et moins démonstrative que sa cousine new-yorkaise) et des rythmes afro-cubains. Les quelque 6 000 spectateurs du Théâtre antique ont réservé un accueil enthousiaste à cette célébration de la musique cubaine.
La soirée se poursuivait à minuit au Club avec le quartet du Colombien Juan Carlos Arrechea. Changement d'ambiance : place à une musique afro-colombienne particulièrement percussive, portée par le marimba, le bombo, le cununo et la contrebasse électrique. Dans un Club une nouvelle fois bien rempli, les musiciens ont conclu cette longue soirée par une invitation irrésistible au voyage, cette fois plutôt du côté de la côte Pacifique colombienne.
Site web de Jazz à Vienne : https://www.jazzavienne.com/
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