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Jazz à Vienne : Une belle soirée disco, entre héritage et retour aux sources

Cette journée du vendredi 3 juillet a débuté pour nous à 16 h, sur la scène de Cybèle, avec Indawa. Sa proposition nous a surpris par son caractère très folk. Plus que le jazz auquel on pouvait s'attendre, c'est une musique acoustique, chaleureuse et empreinte de traditions qui s'est imposée, dans une ambiance particulièrement agréable pour ouvrir cette longue journée de festival.

À 19 h 30, toujours à Cybèle, place à One Mind Trio, un trio coréen piano-contrebasse-batterie présenté par le Jarasum Jazz Festival. Malgré leur origine, leur musique s'inscrit pleinement dans la tradition du trio de jazz moderne telle qu'on la connaît en Europe ou aux États-Unis. Sans effet d'exotisme particulier, ils ont livré une prestation solide, dans un langage musical très proche de celui des formations occidentales.

Le changement d'atmosphère fut radical au Théâtre antique avec Kyoto Jazz Massive accompagné de l'Echoes Of A New Dawn Orchestra. Cette fois, nous étions clairement en territoire acid-jazz. Rien d'étonnant lorsque l'on se rappelle que le groupe, pourtant japonais, a été soutenu dès le début des années 1990 par Gilles Peterson, figure incontournable de cette scène. Dès les premiers morceaux, le beat four on the floor donnait le ton : ce serait une soirée placée sous le signe de la danse et du disco. Avec un groupe remarquablement en place, un orchestre puissant et un son massif, la machine était lancée et ne faiblirait plus.

Puis vint Cerrone Disco Symphonic, accompagné par les cordes du Conservatoire de Lyon. Sur le papier, la présence d'un orchestre pouvait faire craindre une relecture un peu académique ou un réarrangement emphatique des classiques du maître du disco. Il n'en fut absolument rien. Au contraire, ce concert s'est révélé être un véritable retour aux sources.

Il faut se souvenir que le disco, avant d'évoluer vers une forme beaucoup plus électronique (la Hi-NRG), ou de dériver vers les productions commerciales les plus formatées, est né de l'évolution de la soul de Philadelphie. Le célèbre Philly Sound se caractérisait justement par la richesse et l'élégance de ses orchestrations, notamment ses somptueux arrangements de cordes. En réintroduisant cette dimension orchestrale, Cerrone Disco Symphonic ne modernisait pas le disco : il lui rendait son identité originelle. Le résultat était à la fois fidèle, élégant et efficace. Le Théâtre antique, affichant complet, ne s'y est pas trompé et a pleinement accompagné cette célébration des grandes heures du disco.

La soirée s'est achevée au Club avec Jeroboam au Club. Si le groupe s'inscrit bien dans une esthétique funk, son univers évoque davantage la funk des années 1980 que celle des années 1970. Une approche plus tendue, plus urbaine, qui concluait parfaitement cette journée où  l'acid-jazz, le disco et la funk se sont succédés sans jamais donner l'impression de se répéter.

Une très belle journée de festival, avec une météo parfaite, marquée par une programmation particulièrement cohérente malgré la diversité des styles, et qui restera comme la soirée dansante de cette édition de Jazz à Vienne.

Site web de Jazz à Vienne : https://www.jazzavienne.com/

  • Culture
  • Hervé LAURENT
  • 04/07/2026

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