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Ce jeudi 2 juillet proposait un parcours particulièrement éclectique à Jazz à Vienne, entre jeunes talents, expérimentations sonores et grande soirée au Théâtre antique devant près de 5 500 spectateurs, peut-être même 6 000.
Pour ce qui nous concerne, on a débuté la journée à 16 heures, à Cybèle, avec le Lucia Rey Trio dans le cadre du focus Espagne. Si la pianiste espagnole affiche déjà un parcours solide, elle demeure encore relativement méconnue en France. Virtuose au jeu d'une grande précision, Lucia Rey met sa technique au service d'un véritable travail de composition. Son trio a ainsi offert un jazz contemporain exigeant, où l'écriture reste toujours au premier plan sans jamais sacrifier la spontanéité.
À 18 heures, changement d'atmosphère à l'église Saint-Pierre avec Stracho Temelkovski et son ‘Osmoza Experience’. Artiste associé de Jazz à Vienne, le musicien proposait un solo particulièrement singulier. Sa musique évoquait autant le post-rock instrumental de la scène de Chicago, dans la lignée de Tortoise ou Gastr Del Sol, que les expérimentations de Robert Fripp à l'époque des Frippertronics, le tout relevé d'une subtile influence balkanique.
Retour à Cybèle à 19 h 30 avec Argot Lunaire, le nouveau projet de la pianiste Anne Quillier. Ici, le jazz européen se fait aventureux : rythmes aux métriques insaisissables, architectures complexes, circulation permanente entre écriture et improvisation. Une musique dense, exigeante, qui séduira avant tout les amateurs de jazz contemporain les plus curieux.
La soirée se poursuivait au Théâtre antique avec une affiche qui pouvait surprendre les puristes : Vincent Peirani, suivi de Beirut. Mais Jazz à Vienne n'hésite pas à dépasser les frontières du jazz lorsque de belles opportunités se présentent. Celle-ci en était une, avec l'unique date en festival français de Beirut après sept années d'absence.
Le groupe mené par Zach Condon continue de cultiver une identité singulière. On pourrait imaginer un R.E.M. des débuts enrichi de cuivres, ou un Calexico regardant davantage vers les Balkans que vers le Mexique. Finalement, cette influence balkanique apparaissait comme le véritable fil rouge de la soirée au Théâtre antique, faisant écho, sous une autre forme, au concert de Stracho Temelkovski quelques heures plus tôt.
Enfin, à minuit, le Club accueillait Buck, groupe lyonnais, pour conclure cette longue journée. Le groupe prenait les codes du brass band mais les détournait avec une énergie puisant moins dans le funk ou le groove que dans le rock psychédélique.
Demain, ce sera un changement complet d’ambiance avec, comme point d’orgue la soirée Disco au Théâtre Antique avec Cerrone avec le Conservatoire de Lyon, après Kyoto Jazz Massive avec Echoes of a New Dawn Orchestra. C’est complet. Mais n’hésitez pas à profiter de la riche programmation gratuite à partir de 12 h 30.
Site web de Jazz à Vienne : https://www.jazzavienne.com/
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