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Après plusieurs journées écrasées par la chaleur, la canicule semble enfin appartenir au passé. C'est dans une belle soirée estivale que le Théâtre antique de Vienne a retrouvé une température enfin agréable ce lundi 29 juin pour accueillir une affiche aussi atypique qu'attendue, avec VERB, Sun Ra Arkestra, puis le projet ‘Tomorrow Comes The Harvest’, réunissant Jeff Mills et Jean-Phi Dary.
Environ 2 500 spectateurs avaient pris place dans les gradins, une affluence finalement un peu décevante au regard de la qualité de la programmation. Sans doute faut-il y voir l'effet du nom de Jeff Mills, immense figure de la techno mais qui ne porte pas, auprès d'une partie du public du festival, l'étiquette ‘jazz’, malgré un parcours jalonné de collaborations avec des musiciens improvisateurs et une recherche permanente de passerelles entre les genres.
La soirée s'est ouverte avec VERB, groupe SPEDIDAM, qui a parfaitement lancé les festivités avec un jazz très contemporain, avant de laisser place à un monument de l'histoire du jazz : Sun Ra Arkestra. Fidèle à l'héritage de son fondateur, la formation a offert un voyage cosmique où le free jazz côtoyait les orchestrations les plus luxuriantes. Comme toujours, les musiciens sont apparus dans leurs costumes flamboyants et leurs coiffes extravagantes, perpétuant cette esthétique unique qui fait de chaque concert une véritable cérémonie intersidérale autant qu'un spectacle musical.
Le final revenait à ‘Tomorrow Comes The Harvest’, le projet porté par Jeff Mills et Jean-Phi Dary. Dès les premières minutes, le duo a installé une transe hypnotique où les claviers inspirés de Dary dialoguaient avec les constructions électroniques millimétrées de Mills. L'improvisation restait au cœur du propos, (et c’est en cela que ce projet rejoint le jazz) tandis que les percussions occupaient une place essentielle, rappelant l'empreinte laissée par Tony Allen, membre fondateur du projet, dont l'esprit continue d'habiter cette aventure musicale.
Cette approche nous a immédiatement fait penser à ‘Innerzone Orchestra’, le projet visionnaire de Carl Craig qui faisait déjà dialoguer jazz et techno à la fin des années 1990. Mais ‘Tomorrow Comes The Harvest’ s'en distingue par une place beaucoup plus importante accordée aux rythmes organiques et aux percussions, héritées de l'univers de Tony Allen, donnant à l'ensemble une dimension presque afro-futuriste.
La musique a rapidement fait tomber les barrières... au sens propre comme au figuré. De nombreux spectateurs ont quitté leurs sièges pour venir danser devant la scène, juste devant le crash barrière. Les agents de sécurité ont eu toutes les peines du monde à contenir cet élan, tentant d'empêcher le public d'envahir l'espace situé devant les premiers rangs de chaises. Une réaction spontanée qui témoignait de la puissance physique de cette musique, difficile à vivre sans bouger.
Cette soirée aura démontré une nouvelle fois que Jazz à Vienne sait sortir des sentiers battus. Malgré une fréquentation inférieure à ce qu'une telle affiche méritait, le public présent a vécu une expérience singulière, reliant le jazz cosmique de Sun Ra Arkestra aux explorations futuristes de Jeff Mills, dans un dialogue fascinant entre héritage, improvisation et musiques électroniques.
Site web de Jazz à Vienne : https://www.jazzavienne.com/
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