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La soirée du 8 juillet à Jazz à Vienne avait un accent résolument louisianais, avant de s'ouvrir sur New York et sa nouvelle génération.
La première partie de la soirée était une création inédite présentée par le New Orleans Jazz Museum, réunissant James Andrews, Anne Paceo, Sélène Saint-Aimé et Tiss Rodriguez. Plus qu'un simple hommage à La Nouvelle-Orléans, le projet en explorait toutes les facettes. On y passait sans transition du blues au funk, du zydeco aux rythmes swamp, avec cette manière si caractéristique de faire dialoguer les traditions populaires et l'improvisation. L'ensemble était avant tout festif, porté par une énergie collective communicative. Et lorsque l'on croyait le voyage parfaitement balisé, le concert prenait un virage inattendu : un passage cosmique, presque psychédélique, dominé par un Moog puis une guitare psyché évoquant les grandes heures de la P-Funk. Une parenthèse aussi surprenante que réjouissante, avant un retour aux racines de La Nouvelle-Orléans.
Puis venait l'événement de la soirée : le seul concert français de Jon Batiste. Les comparaisons fusent souvent, certains n'hésitant pas à le présenter comme le ‘nouveau Prince’. Pourtant, c'est vers d'autres références que l'esprit vagabonde au fil du concert. On pense à Lenny Kravitz pour l'énergie rock, à Bo Diddley lorsque surgit le riff de ‘Big Money’, à Dr. John dès qu'il s'installe au piano, mais aussi à Stevie Wonder, Robert Glasper ou encore Ahmad Jamal dans son approche du clavier et de l'improvisation. Un moment rock’n’roll vintage nous a même fait penser à Heavy Trash, le duo de Jon Spencer et Matt Verta-Ray.
Mais Jon Batiste est avant tout... Jon Batiste. Musicien virtuose, chanteur, pianiste et showman exceptionnel, il fait constamment tomber les frontières entre les styles. Soul, jazz, gospel, funk, rock et rhythm’n’blues s'enchaînent avec une fluidité déconcertante. Son sens du spectacle est évident : il traverse la scène, joue avec le public, improvise, entraîne les spectateurs dans son univers avec une aisance qui rappelle les plus grands entertainers américains. Les 6 000 spectateurs présents lui ont réservé une ovation méritée. On pouvait imaginer un concert à guichets fermés pour cette unique date française, mais l'affluence reste un très beau succès.
La nuit se prolongeait enfin au Club avec New Jazz Underground. Le trio incarne parfaitement cette nouvelle scène new-yorkaise qui regarde autant vers l'avenir que vers son histoire. Leur musique est profondément ancrée dans l'héritage du hard bop, tout en intégrant un langage, des rythmes et une énergie pleinement contemporains.
De La Nouvelle-Orléans à New York, Jazz à Vienne a offert l'une de ces soirées qui confirment que les traditions musicales les plus vivantes sont celles qui continuent de se réinventer.
Démonstration qui devrait être une nouvelle fois faite demain soir, jeudi 9, avec la soirée cubaine.
Site web de Jazz à Vienne : https://www.jazzavienne.com/
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