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La journée hip-hop de cette édition 2026 de Jazz à Vienne avait des accents résolument new-yorkais. Entre la carte blanche de LGTDZ à Cybèle, l'explosive Lakecia Benjamin au Théâtre antique et De La Soul en tête d'affiche, le festival proposait un parcours où jazz et hip-hop dialoguaient sous différentes formes. Seule exception : le concert de Cédric Hanriot au Club, en fin de soirée, qui faisait figure d'intrus dans cette programmation thématique. Non pas par manque de qualité, mais parce que sa musique relève davantage du jazz contemporain et des musiques actuelles que du hip-hop.
La journée hip-hop débutait à 16 h à Cybèle avec la carte blanche confiée à LGTDZ, une proposition qui illustrait parfaitement la volonté du festival de faire se rencontrer les générations et les esthétiques.
Au théâtre antique, la surprise est venue de Lakecia Benjamin. Après Emma Rawicz, découverte marquante au Club quelques jours plus tôt, la saxophoniste new-yorkaise constitue sans conteste la seconde grande révélation féminine de cette édition. Son concert a impressionné par une virtuosité technique éblouissante, mais surtout par une énergie communicative de chaque instant. Son jeu, puissant et incandescent, mêle les héritages du jazz, du funk et du hip-hop sans jamais perdre en cohérence. Une prestation de très haut niveau qui a électrisé le Théâtre antique.
Le changement d'univers était ensuite plus culturel que géographique. Avec De La Soul, c'était une véritable plongée dans le hip-hop new-yorkais des années 1990, celui qui a profondément marqué l'histoire de cette musique. La soirée prenait ainsi une cohérence particulière : après Lakecia Benjamin, elle aussi native de New York, c'est toute une facette de la scène artistique de la ville qui se retrouvait célébrée.
Le concert alternait plusieurs formats. Une large partie du répertoire bénéficiait d'un accompagnement orchestral, offrant une nouvelle ampleur aux classiques du groupe sans en trahir l'esprit. Mais l'un des moments les plus inattendus fut sans doute ce passage où ne restaient sur scène que le MC et le DJ. Une configuration minimale qui rappelait une évidence parfois oubliée : le hip-hop est d'abord du beat et du flow. Dépouillée de tout habillage, cette musique retrouvait son essence et ses fondamentaux.
L'affluence est restée en deçà des attentes avec environ 3 500 spectateurs. Un chiffre respectable, mais sans doute inférieur aux espérances des organisateurs. Il est permis de s'interroger sur les raisons de cette fréquentation. De La Soul est loin d'être un inconnu du public lyonnais et viennois. Avec une précédente venue à Jazz à Vienne en 2017, un concert au Transbordeur en 2023 et un passage aux Nuits de Fourvière l'an dernier, la relative proximité des dates a peut-être réduit le sentiment d'événement.
La soirée se terminait enfin au Club avec Cédric Hanriot. Excellent musicien, toujours aussi inventif dans son approche du jazz contemporain, il n'en constituait pas moins une ‘curiosité’ dans cette journée thématique. Comme un épilogue qui rompait volontairement avec le fil conducteur hip-hop de la programmation.
Au final, cette journée aura surtout démontré combien les liens entre le jazz et le hip-hop demeurent féconds. Entre la fougue irrésistible de Lakecia Benjamin et l'héritage toujours vivant de De La Soul, Jazz à Vienne a proposé un voyage au cœur d'une culture new-yorkaise qui continue d'inspirer le jazz contemporain.
Pour écouter une interview de Lakecia Benjamin, cliquer sur :
Site web de Jazz à Vienne : https://www.jazzavienne.com/
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