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Deux jours dans la Biennale de Lyon : impressions à chaud

Les journées professionnelles de la Biennale d’art contemporain de Lyon viennent de s’achever. Deux jours particulièrement denses, entre les Grandes Locos, le MAC Lyon, la Fondation Bullukian, le Musée des Tissus et l’exposition Jeune création à l’Institut d’art contemporain de Villeurbanne.

Deux jours, surtout, à regarder. Beaucoup. Sans doute trop pour prétendre, à ce stade, porter une appréciation définitive sur cette édition.

Car c’est toute la difficulté de ces journées professionnelles : enchaîner les lieux, les expositions, les rencontres et absorber en quelques heures des centaines d’œuvres produites par des dizaines d’artistes. Certaines images restent immédiatement en mémoire, certaines propositions intriguent ou déstabilisent, d’autres demandent davantage de temps. Et puis il y a tout ce que l’on a probablement regardé trop vite.

Il faudra donc revenir.

Revenir pour revoir certaines œuvres, prendre le temps de comprendre les démarches, retrouver une installation dans le calme, lire, écouter, observer autrement. Une biennale ne devrait sans doute jamais se résumer à cette première traversée, aussi intense soit-elle. Ces deux journées donnent davantage une cartographie, des intuitions, des envies de retour qu’un jugement arrêté.

Un regard venu d’ailleurs

Une chose apparaît néanmoins déjà très clairement : le choix d’une commissaire d’exposition australienne déplace sensiblement le regard.

Cette perspective apporte notamment une présence importante d’artistes de l’hémisphère Sud et d’Asie, dont beaucoup restent encore peu connus en France. Et c’est probablement l’un des aspects les plus intéressants de cette première découverte de la Biennale.

Non pas parce que l’origine géographique constituerait en elle-même un critère artistique, mais parce que cette ouverture permet de rencontrer d’autres scènes, d’autres histoires et d’autres manières d’aborder des préoccupations qui traversent aujourd’hui la création contemporaine.

Elle permet aussi de sortir, au moins en partie, des circuits et des noms que l’on retrouve régulièrement dans les grandes manifestations européennes.

À ce titre, une biennale remplit pleinement l’une de ses fonctions : créer des déplacements. Déplacement physique du visiteur d’un lieu à l’autre, bien sûr, mais surtout déplacement du regard, confrontation à des artistes, des pratiques et des récits que l’on connaît peu ou pas encore.

Prendre le temps d’écouter les artistes

Au cours de ces journées professionnelles, nous avons également choisi de consacrer une partie importante de notre temps aux artistes eux-mêmes.

Nous avons réalisé une dizaine d’interviews. Plutôt que de chercher immédiatement à dresser un palmarès des œuvres ‘à voir absolument’, nous avons voulu écouter celles et ceux qui les ont produites : comprendre leurs recherches, leurs références, leur rapport au contexte de la Biennale et la manière dont leurs œuvres se sont construites.

Ces entretiens seront publiés dans les jours à venir.

Ils permettront aussi de prolonger cette première visite et, nous l’espérons, de donner davantage de profondeur à des œuvres qu’une découverte rapide ne permet pas toujours d’appréhender.

Après deux jours de Biennale, une certitude demeure donc : il est encore trop tôt pour conclure.

Nous avons vu énormément de choses. Nous en avons retenu certaines. Nous en avons probablement manqué d’autres. Et c’est peut-être plutôt bon signe.

Une exposition de cette ampleur mérite que l’on y retourne. Que l’on ralentisse. Que l’on accepte aussi qu’une œuvre ne se livre pas nécessairement au premier regard.

La suite, donc, dans les prochains jours, avec les artistes rencontrés, avant de revenir sur les expositions elles-mêmes, avec un peu plus de temps et de recul.

Site web de la Biennale de Lyon : https://www.labiennaledelyon.com/

 

  • Culture
  • Hervé LAURENT
  • 18/09/2026

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