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Judas Priest à la LDLC Arena : cinquante ans de metal et toujours le feu

Ce soir à la LDLC Arena de Décines, l’affluence était plutôt clairsemée compte tenu de la jauge de la salle (autour de 2 500 à 3 000 personnes) mais ceux qui avaient fait le déplacement étaient venus pour une légende : Judas Priest, l’un des groupes qui ont façonné le heavy metal britannique et accompagné l’explosion de la New Wave of British Heavy Metal au tournant des années 1980.

En première partie, Nevermore a eu la tâche de chauffer la salle. Un set énergique, malheureusement desservi par un son assez confus, où les instruments avaient parfois du mal à trouver leur place. Rien de catastrophique, mais pas forcément les meilleures conditions pour apprécier pleinement le groupe.

Changement radical avec Judas Priest. Dès l’entrée en scène, le son devient énorme : massif, puissant, mais suffisamment précis pour que les guitares conservent tout leur tranchant. On retrouve immédiatement ce qui fait la réputation du groupe : une machine parfaitement rodée, soudée et d’une remarquable cohérence.

La mise en scène est également très travaillée, avec un gros dispositif vidéo en fond de scène. Les images, animations et séquences projetées accompagnent les morceaux et donnent au concert une dimension visuelle supplémentaire. Sans détourner l’attention des musiciens, elles prolongent l’univers de Judas Priest et renforcent l’impact d’un show qui ne repose donc pas uniquement sur la puissance sonore. Une scénographie moderne pour un groupe qui, malgré son statut de vétéran, ne se contente pas de jouer sur la nostalgie.

Et puis il y a Rob Halford. À 75 ans, le Metal God n’arpente évidemment plus la scène comme autrefois, même si, lors du rappel, il revient toujours sur scène avec une Harley-Davidson. Les déplacements sont mesurés, la présence plus statique. Mais dès qu’il ouvre la bouche, l’âge semble presque devenir secondaire. La voix est toujours là : puissante, métallique et capable d’aller chercher ces aigus qui constituent depuis près d’un demi-siècle l’une des signatures de Judas Priest. Une performance assez impressionnante compte tenu des années accumulées au compteur.

Un détail marquant précède d’ailleurs l’arrivée du groupe : ‘War Pigs’ de Black Sabbath, diffusé à fort volume dans la salle. Difficile de ne pas y voir un clin d’œil, voire un hommage à Ozzy Osbourne et à Black Sabbath, autre monument fondateur du heavy metal britannique. Entendre ce morceau juste avant Judas Priest donne presque le sentiment d’un salut d’une légende du metal à une autre.

Pendant environ 1 h 30, Judas Priest déroule ainsi un concert sans fioritures inutiles. Gros son, riffs acérés, section rythmique solide, guitares tranchantes et impression générale d’un groupe qui joue véritablement comme un bloc. Le spectacle visuel vient compléter cette puissance sans jamais prendre le dessus sur la musique.

On pourra regretter une LDLC Arena loin d’être pleine et une première partie pénalisée par son mixage. Mais l’essentiel était ailleurs. Plus de cinquante ans après ses débuts, Judas Priest reste un groupe d’une étonnante solidité. Et surtout, à 75 ans, Rob Halford possède encore cette voix immédiatement reconnaissable, capable de dominer le mur de guitares.

Site web de RPO : https://www.rpo.net/

Site web de LDLC Arena : https://www.olvallee.fr/accueil-ldlc-arena/

  • Culture
  • Hervé LAURENT
  • 14/09/2026

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