play_arrow
favorite
DE 12:00 à 14:00
13:42
GRATEFUL DEAD MORNING DEW
13:39
Jean Ferrat LES MERCENAIRES
13:38
RADIO PLURIEL PROGRAMME TV JEUDI
13:35
Pierre Perret BERCY MADELEINE
13:30
BAJEDDOUB & SOUIRI JE PASSE PAR LE PAYS
13:28
MICHEL POLNAREFF VOYAGES

Une artiste à la Biennale : Entretien avec Mikala Dwyer au Musée d’Art Contemporain.

Née à Sydney en 1959 et aujourd’hui installée à Melbourne, Mikala Dwyer développe depuis le milieu des années 1980 une œuvre à la frontière de la sculpture, de l’installation et de la performance. Figure majeure de la scène artistique australienne, elle compose avec des matériaux aussi divers que le tissu, le plastique, le bois, l’argile, les plantes, le son ou les objets trouvés, auxquels elle semble prêter une vie et une puissance propres.

Présentée notamment aux Biennales d’Istanbul et de Sydney et dans de grandes institutions australiennes et internationales, Mikala Dwyer participe aujourd’hui à la 18e Biennale d’art contemporain de Lyon.

Pour écouter l’interview de l’artiste, cliquer sur :

 

Et pour une traduction en français, c’est ci-dessous :

HL : Nous sommes le 18 septembre, dans le cadre des journées professionnelles de la Biennale d’Art Contemporain. Je me trouve au premier étage du Musée d’Art Contemporain, en compagnie d’une artiste australienne. Saviez-vous déjà que vous vouliez devenir artiste dès l’enfance ?

MD :  Non, ce n’était pas quelque chose que j’avais prévu. C’est simplement arrivé. J’ai exercé beaucoup de métiers et je n’étais pas très bonne à l’école. Puis, à un moment donné, j’ai décidé de voyager. Quand j’étais adolescente, j’ai voyagé en Europe, je suis allée dans beaucoup de musées et j’ai découvert l’art, le fait de regarder des œuvres d’art. Alors, lorsque je suis rentrée en Australie, j’ai décidé d’entrer dans une école d’art. C’est là que j’ai trouvé ma tribu, l’endroit où je me sentais bien. J’ai trouvé ma raison d’être.

HL : C’est donc plutôt à l’adolescence que cela s’est produit ?

MD : Oui. Et même à l’école d’art, je ne savais pas vraiment où cela allait me mener. Je suis très surprise d’être ici aujourd’hui, maintenant que je suis assez âgée, d’avoir tenu pendant tout ce temps, d’être toujours là et d’être toujours artiste. C’est un immense privilège.

HL :  Quand vous dites que vous avez tenu, qu’avez-vous fait pendant toutes ces années ? J’imagine que vous êtes artiste depuis plusieurs décennies maintenant ?

MD : De nombreuses décennies ! Plus de quarante ans. Je travaille également comme professeure dans une école d’art, ce qui m’aide à financer ma pratique artistique, parce qu’en Australie, il est très difficile de vivre de son art. C’est difficile partout dans le monde, bien sûr, mais particulièrement en Australie.

HL :  Il y a quelques années, peut-être quinze ou même vingt ans, je discutais avec un commissaire d’exposition qui travaillait ici, à Lyon. Il m’avait dit que la scène artistique de l’hémisphère Sud était totalement différente de celle de l’hémisphère Nord. Il était allé à la Biennale de Sydney et ne connaissait aucun des artistes présentés. Il ne les avait jamais vus ailleurs. Est-ce toujours le cas ou les choses ont-elles changé ?

MD : C’est encore un peu le cas. Mais je pense que, dans cette Biennale, il y a eu une véritable volonté de faire venir des artistes australiens ainsi que des artistes de Nouvelle-Zélande, d’Aotearoa. Il y a davantage d’intérêt pour ces scènes. Et puis la commissaire de la Biennale est lui-même australienne. C’est donc très enthousiasmant d’être ici avec un groupe assez important d’artistes australiens et néo-zélandais. Mais oui, cela reste difficile, notamment parce qu’il est compliqué et coûteux de transporter les œuvres. Je pense que beaucoup d’institutions européennes se disent simplement : ‘ Oh, c’est trop compliqué.’

HL : Vous êtes peut-être plus proches de l’Indonésie, de l’Afrique du Sud, du Japon…

MD : Oui, nous entretenons de bonnes relations avec les pays asiatiques. Il y a donc beaucoup d’échanges d’artistes entre nos pays.

HL : Nous sommes à la radio, et à la radio, il n’y a pas d’images, alors même que nous parlons d’arts visuels.

MD :  Oui.

HL : Comment pourriez-vous décrire ce que vous présentez dans cette Biennale aux personnes qui nous écoutent ?

MD : D’accord. Imaginez que vous entrez dans une pièce carrée. Les murs sont peints pour moitié en jaune et pour moitié en violet foncé. Ensuite, il y a un cercle formé par différents objets : des sculptures, des œuvres textiles et des sculptures suspendues. Il y a également de toutes petites choses, comme des araignées et des papillons de vers à soie pris dans de la résine, qui sont placées en hauteur, au sommet de sortes de lourds objets en bois. Ce sont des moules provenant d’une œuvre précédente. Beaucoup de ces objets sont fabriqués à la main, dans des matériaux très différents : du feutre, du plastique, de la résine, de la céramique…

HL : Vous travaillez donc avec plusieurs médiums.

MD : Oui, c’est une œuvre multimédia. Il y a aussi une sorte de thème chromatique autour du jaune, du violet et des matériaux transparents. L’œuvre est une sorte de séance spirite consacrée au ver à soie et à l’araignée, comme un hommage à ces toutes petites créatures qui sont à la base d’une immense industrie, celle de la soie.

HL : Quel est le sujet de cette œuvre ?

MD : Je pense que le sujet est le cycle de vie du ver à soie et du papillon du ver à soie, mis en relation avec l’industrie de la soie à Lyon. L’œuvre parle donc du travail des insectes. Une chose qui m’intéressait particulièrement était la manière dont les vers à soie ont été élevés de façon à ce que les papillons perdent leur capacité à voler. Et puis, à partir de cela, on obtient une matière extrêmement légère, la soie. Cette légèreté devient en quelque sorte la manifestation de la perte de la capacité de voler du papillon. C’est l’un des thèmes sous-jacents de toute l’œuvre. Ce sont des objets autour desquels on peut marcher. L’espace est important. Tout est organisé en cercle. On peut marcher au milieu du cercle ou en faire le tour par l’extérieur. C’est donc comme un cercle propice à la rêverie et à la réflexion. Il n’est pas nécessaire de savoir de quoi parle l’œuvre. On peut inventer ses propres significations en marchant. Mais c’est justement l’action de marcher en cercle qui constitue une manière d’entrer en relation avec l’œuvre.

HL : Vous occupez donc une salle entière, une seule salle, et il n’y a qu’un seul cartel. En français, nous disons « cartel ». Je ne sais pas comment vous dites en anglais. Il s’agit donc d’une seule œuvre, mais composée de plusieurs éléments.

MD :  C’est une installation, oui. Elle est constituée de nombreux objets, mais il s’agit véritablement d’une seule œuvre.

HL : Ces objets ont-ils été créés spécialement pour cette œuvre ?

MD : Oui. Tous les objets ont été conçus spécifiquement pour cette œuvre, et l’œuvre elle-même a été pensée spécialement pour Lyon.

HL : C’est la première fois que vous la présentez ?

MD : Oui.

HL : Vous l’avez réalisée en France ? Ici ?

MD : Oui, je l’ai assemblée dans le musée. Certaines parties ont été transportées depuis l’Australie. Les grandes et lourdes pièces en bois, par exemple, viennent d’Australie. Elles proviennent d’une autre œuvre qui se trouve actuellement à Sydney, dans le port. C’est une grande sculpture flottante installée dans la baie, et les pièces que vous voyez ici sont les moules qui ont servi à fabriquer cette œuvre. J’aime recycler des éléments d’une œuvre pour les utiliser dans une autre.

HL : Pour les personnes qui voudraient continuer à suivre votre travail après cette Biennale, comment peuvent-elles faire ? Avez-vous un site internet ? Des galeries ? Êtes-vous présente sur les réseaux sociaux ?

MD : Oui. Je travaille avec trois galeries : une en Nouvelle-Zélande et deux en Australie. Il y a la Roslyn Oxley9 Gallery à Sydney, la galerie 1301SW à Melbourne et Starkwhite à Auckland. J’ai également un site internet, qui porte simplement mon nom, Mikala Dwyer. Je suis sur Instagram, mais je ne publie pas beaucoup.

HL : Vous n’êtes donc pas vraiment très présente sur les réseaux sociaux ?

MD : Seulement sur Instagram. Je regarde davantage ce que font les autres que je ne publie moi-même.

HL : Y a-t-il quelque chose d’important pour vous que j’aurais complètement oublié de vous demander ?

MD : Oh, j’aimerais simplement remercier Lyon de nous accueillir et remercier les Français pour leur formidable hospitalité. Nous adorons être ici et j’ai envie d’apprendre le français.

HL : C’est votre première exposition ici, en France ?

MD : Oui. C’est très enthousiasmant.

HL : Merci beaucoup.

 

  • Culture
  • Hervé LAURENT
  • 27/09/2026

0 commentaire
Soyez le premier à réagir !
Laissez un commentaire via le formulaire ci-dessous !

Laisser un commentaire

TÉLÉCHARGEZ NOTRE APPLICATION SUR VOTRE SMARTPHONE

Radio PLURIEL

Emportez votre radio dans votre poche partout avec vous ! Téléchargez notre application pour votre smartphone gratuitement et dès maintenant sur votre mobile Android ou iOS !