Emissions des 29 et 30 septembre 2018 :

Pour la première émission de la saison 2018-2019, je vous propose ce week-end dans le cadre des émissions “Croisière Romantique” de rendre hommage à Tino Rossi à l’occasion du 35ème anniversaire de sa disparition ainsi qu’à Anny Flore à l’occasion du 33ème anniversaire de sa disparition.

Quelques grands succès de Tino Rossi :

– Ajaccio (1955) de l’opérette “Méditerranée”
– Amapola (chanson créée en 1924)
– Au bal de l’amour (1938) du film “Lumières de Paris”
– Bohémienne aux grands yeux noirs (1936)
– Chantons la même chanson (1976) en duo avec Laurent Rossi
– Chérie sois fidèle (1951)
– Corsica (1958)
– Guitare d’amour (1935)
– J’avais vingt ans (1957)
– Jolie mésange (1954)
– La boudeuse (1971)
– L’amour est dans ta rue (1977) extraite de “My Fair Lady”
– La vie commence à 60 ans (1978)
– Le chant du gardian (1942) du film “Le soleil a toujours raison”
– Le mur de mon jardin (1936)
– Le plus beau tango du monde (de l’opérette “Un de la Cannebière”) chanson créée par Alibert en 1935
– Le rêve passe (chanson créée en 1906)
– Le tango de Marilou (1932)
– Le tango nous invite (1960)
– Le vagabond fleuri (1943)
– Les fées vont revenir (1953) du film “Tourments”
– Les fiancés de Sartène (1971)
– Les muletiers (1955) de l’opérette “Méditerranée”
– Maria (1941) du film “Fièvres”
– Marinella (1936)
– Ma ritournelle (1941) du film “Fièvres”
– Méditerranée (1955) de l’opérette “Méditerranée”
– O Corse île d’amour (1934)
– Pesca Pesca (1963) de l’opérette “Le temps des guitares”
– Tant qu’il y aura des étoiles (1936)
– Tchi Tchi (1936)
– Vieni vieni (1934)

Hommage à Tino Rossi :

Tino Rossi (de son vrai nom Constantin Rossi) était né le 29 avril 1907 à Ajaccio. Il est décédé le 26 septembre 1983 à Neuilly-sur-Seine. C’était un chanteur et acteur français. Il a vendu plus de 300 millions de disques.

Son père, Laurent était tailleur. Sa mère Eugénie se consacre à sa grande famille de huit enfants. Le jeune Constantin porte le prénom de l’un de ses frères, mort peu avant sa naissance. Dès son enfance, il aime chanter et tous ceux qui l’entourent lui reconnaissent une voix très pure. Bien que doté d’une grande mémoire, il préfère l’école buissonnière aux études studieuses.

A moins de 20 ans, Constantin rencontre Annie Marlan, une jeune violoniste venue jouer à Ajaccio. Il en tombe amoureux et part avec elle sur la Côte d’Azur. Ils se marient à Toulon. En 1927, les jeunes mariés deviennent les parents de la petite Pierrette. Constantin a du mal à trouver un travail stable et Annie demande vite le divorce. Il rentre à Ajaccio où il travaille au casino, qui sera détruit par un incendie en 1929. Il quitte alors l’île de beauté pour Marseille en compagnie de sa seconde épouse Annie Fratani. Il exerce plusieurs emplois aussi provisoires que peu rémunérateurs. Parallèlement, Constantin chante sur des scènes de l’arrière pays provençal et prend comme nom de scène Tino Rossi.

En 1932, après avoir rencontré un représentant de la maison de disques Parlophone, Tino monte à Paris enregistrer son premier disque de chansons corses avec les titres “O Ciuciarella” et la berceuse “Ninni, Nanna”.

En 1933, Tino est engagé pour sept jours et quatorze représentations à l’Alcazar de Marseille avant de passer sur une autre scène mythique de la ville, le Théâtre des Variétés. Rapidement, la maison de disques Columbia s’intéresse au jeune chanteur et lui fait signer un contrat. Tino enregistre “La sérénade de Toselli”, “J’ai rêvé d’une étoile”, “La ballade du roi d’Ys” et son premier grand succès “Le tango de Marilou”. Ce premier succès lui permet de rencontrer les grands artistes de l’époque comme Lucienne Boyer, Damia, Pills et Tabet ou encore Mireille et Jean Sablon.

En 1936, Tino Rossi chante en vedette sur la scène du Casino de Paris pour le spectacle “Tout Paris chante”. Cette même année sort le film “Marinella” avec lequel il triomphe. Il y interprète des chansons composées par Vincent Scotto. Les titres “Marinella”, “Tchi-tchi”, “J’aime les femmes c’est ma folie” ou encore “Laissez-moi vous aimer” feront de lui la nouvelle coqueluche du disque et de la T.S.F.

Sa réussite tient aussi à son physique : il exerce une véritable attraction sur la gent féminine. En quelques années, Tino Rossi devient la première idole dans l’histoire de la chanson française et en toute logique il est rapidement sollicité par le cinéma où il va créer ses plus grands succès tant dans le domaine de la variété que des airs classiques. Ainsi, pour les besoins du film “Lumières de Paris” en 1938, il chante pour la première fois “l’Ave Maria de Gounod”.

Durant la Seconde Guerre mondiale, sa carrière cinématographique se poursuit en zone libre. En 1941, Tino tourne “Le soleil a toujours raison” aux côtés de Micheline Presle, Pierre Brasseur, Charles Vanel et Germaine Montero. Dans ce film, il interprète “Le chant du gardian”, une chanson composée par Loulou Gasté et Jean Féline. Cette même année, il tourne “Fièvres” aux côtés de Madeleine Sologne, Jacqueline Delubac et Ginette Leclerc dans lequel il interprète “Maria”, ainsi que “l’Ave Maria de Schubert”.

C’est également en 1941, qu’il fait la connaissance, grâce à Mistinguett, d’une belle danseuse niçoise, Rosalia Cervetti, dite Lilia Vetti, qui deviendra la femme de sa vie. Tino l’épouse le 14 juillet 1948 à Cassis quelques mois après la naissance de leur fils Laurent Emmanuel.

En 1943, dans le film “Le chant de l’exilé”, Tino Rossi chante “Paquita” et “Ce matin même”.

En 1946, Tino tourne dans le film “Destins” de Richard Pottier où il chante “Petit papa Noël” qui va devenir son plus grand succès. Avec cette chanson fétiche, Tino Rossi va devenir, en 1949, le premier chanteur français à obtenir un disque d’or et le seul à avoir reçu ce disque en or massif 24 carats” !

En 1948, il interprète le rôle du compositeur Franz Schubert dans le film “La belle meunière” de Marcel Pagnol. Il joue aux côtés de Jacqueline Pagnol, de sa fille Pierrette et de son épouse Lilia Vetti.

En 1954, après le film “Tourments”, Tino Rossi souhaite s’éloigner du cinéma. Il a 47 ans et souhaite débuter une carrière dans l’opérette. Pourtant, en cette année 1954, il accepte le rôle de gondolier que lui offre Sacha Guitry dans le film “Si Versailles m’était conté” qui regroupe tous les grands artistes de la chanson et du cinéma.

C’est au Théâtre du Châtelet, que sa carrière dans l’opérette commence officiellement le 17 décembre 1955 avec “Méditerranée”. L’opérette de Francis Lopez et Raymond Vincy se joue jusqu’en 1957 à guichets fermés. Elle est suivie de “Naples au baiser de feu”, montée à Mogador et donnée également deux ans à guichets fermés avant de partir en tournée dans toute la France et à l’étranger.

En 1963, l’opérette “Le temps des guitares”, montée à l’A.B.C. est un succès et en 1969, il retrouve la scène de Mogador pour “Le marchand de soleil”.

Néanmoins, Tino Rossi arrive à un âge où il désire mieux profiter de sa famille. On ne le voit donc plus sur scène qu’à l’occasion de tournées régulières (y compris à l’étranger) et de nombreuses participations bénévoles à des galas. Tino est également très souvent invité dans des émissions de télévision.

En novembre 1982, à plus de 75 ans, Tino Rossi remonte sur la scène de ses débuts, le Casino de Paris, pour fêter ses cinquante ans de carrière.

Il décède à son domicile de Neuilly-sur-Seine dans la soirée du lundi 26 septembre 1983, des suites d’un cancer du pancréas. Tino Rossi a eu des obsèques quasi nationales, en l’église parisienne de La Madeleine le 29 septembre avant d’être inhumé le 1er octobre au cimetière marin d’Ajaccio.

Pendant cinquante ans, les chansons de Tino ont accompagné tous les publics qui lui ont fidèlement assuré une égale popularité. Tino Rossi a enregistré près de 1 200 chansons abordant tous les genres, de la chanson populaire en passant par des mélodies classiques largement popularisées par son interprétation, sans oublier de nombreux chants corses. Il a vendu dans le monde des centaines de millions de disques et est indiscutablement le chanteur français qui a écoulé le plus de disques de tous les temps.

Quelques grands succès d’Anny Flore :

– Amusez-vous de l’opérette “Florestan 1er, le prince de Monaco” (chanson créée par Henri Garat en 1934)
– Dans les jardins de l’Alhambra (chanson créée par Paul Gesky en 1923)
– De Nice à Monte-Carlo (1959)
– Deux sous de violettes (1951) du film “Deux sous de violettes”
– Entre Pigalle et Blanche (1958)
– J’entends le tambour (1970)
– La valse tourne (1948)
– La petite arlésienne (1948)
– Le moulin de maître Jean (chanson créée par Bérard en 1911)
– Le moulin de Suzette (chanson créée en 1922 par Adolphe Bérard)
– Lison-Lisette (chanson créée en 1920)
– Paname (1947)
– Paris mannequins (1956)
– Quand on aime on a toujours 20 ans (chanson créée en 1923)
– Rue de la Gaité (1951)
– Sur la Butte (1965)
– T’es bien la plus belle (1964)
– Tout le long de la Tamise (chanson créée en 1916)

Hommage à Anny Flore :

Anny était née Marie Antoinette Quié, le 28 novembre 1912 à Cahus dans le Lot. Elle est décédée le 17 août 1985 à Boulogne-Billancourt. Anny Flore était une chanteuse et actrice française.

Anny Flore a grandi dans la banlieue parisienne à Pierrefitte-sur-Seine. Sa mère était ouvrière agricole et son père travaillait en usine. Anny travaille tout d’abord comme cousette dans un atelier de couture à Paris avant de devenir petite main et enfin mannequin chez Maggy Rouff. C’est en 1939, qu’elle se présente à l’un des nombreux concours de chant organisés par Radio Cité. Anny interprète le succès de Lucienne Delyle “Si petite”. Dès 1940, elle fait ses débuts au “Petit Casino” ainsi que dans d’autres cabarets parisiens. Elle enregistre un premier disque en 1945 en Belgique avant de signer un contrat d’exclusivité avec la maison de disques Pathé, à laquelle elle restera fidèle tout au long de sa carrière. Anny Flore enchaîne les prestations dans des cabarets et des music-halls et participe à de nombreuses émissions de radio.

Ses toutes premières chansons appartiennent au registre réaliste avec des titres tels “La fille du patron”, “Madame la chance” ou encore “Les deux rengaines” une chanson créée par Edith Piaf en 1944. Anny Flore chante les compositions de Marguerite Monnot, Daniel White, Jacques Larue, Henri Contet et de bien d’autres encore.

Après ses tous premiers grands succès, elle décide de changer de style et d’adopter un répertoire plus populaire. Elle va rapidement devenir une des principales représentantes du patrimoine populaire français au même titre que Lucienne Delyle et Yvette Giraud. Avec le titre “La valse tourne”, elle connait un énorme succès qui sera suivi de bien d’autres avec notamment les chansons “La petite arlésienne”, “Deux sous d’violettes”, “Paname”, “C’est la faute du vent”, “Entre Pigalle et Blanche” sans oublier “Ma douce vallée” empruntée au répertoire de Francis Lemarque. Anny Flore fait confiance à de jeunes auteurs et compositeurs comme Jacques Dutailly ou Robert Lamoureux, l’auteur des paroles de “La petite arlésienne”.

Forte de tous ces succès, elle est choisie comme marraine du Racing Club de Paris pour lequel elle enregistre “La chanson du Racing”. Elle est aussi marraine du boxeur Robert Villemain à qui elle dédie sa chanson “Mon Champion”. Elle participe à de nombreuses manifestations dans toute la France à la gloire de sa terre natale le Quercy. En plus de sa carrière musicale, Anny Flore, à partir de 1951, participe à des films tels “Deux sous de violettes”, “La fête à Henriette” (1952) dans lequel elle interprète le générique du film, ou encore “Ce coquin d’Anatole” (1951), “Les deux monsieurs de madame” (1952) et “Méfiez-vous des blondes” (1950) où elle joue le rôle d’une chanteuse aux côtés de Martine Carol et Noël Roquevert.

Anny Flore reste l’inoubliable créatrice de la chanson du film “Deux sous de violettes” (1951) sur des paroles Jean Anouilh et une musique de Georges van Parys. Cette chanson est un immense succès et devient rapidement sa chanson fétiche. Cette chanson sera reprise plus tard par Arletty.

A partir de 1955, Anny Flore enregistre une série de neuf 33 tours intitulée “Mon cahier de chansons”, en référence au cahier dans lequel elle écrivait adolescente le texte des chansons de Berthe Sylva. Sur ses neufs 33 tours, elle interprète les succès du début du siècle.

En 1958, grâce à la chanson “Entre Pigalle et Blanche”, qui sera reprise par Patachou, elle remporte le prix international de la chanson française à Monte-Carlo. Anny Flore a énormément de succès auprès du public, ce qui lui permet de poursuivre tournées et enregistrements et de résister à la vague yéyé.

Dans les années 80, Pascal Sevran l’invite régulièrement dans son émission “La chance aux chansons” et elle y fera ses adieux.

Durant l’été 2017, du 15 juillet au 30 août, sa fille a organisé une exposition intitulée “Anny Flore (1912-1985) : une chanteuse retrouvée” dans le petit village de Loupiac dans le Lot où Anny Flore avait une maison et où elle est enterrée.

Anny Flore décède à la suite d’une longue maladie le 17 août 1985. Elle reste dans la mémoire collective comme l’inoubliable interprète de “Deux sous de violettes”.

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