Pas de première partie ! Les Insus joueront 2 h 30 ! Il n’y en a donc pas besoin.

 

C’est donc dès 21 h 30 que les Insus montent sur scène et attaquent avec ‘Crache ton venin’.

 

Et on est agréablement surpris d’entrée ! Ils ont de grands sourires, visiblement heureux de jouer ensemble à nouveau après toutes ces années de carrière séparées. Corinne n’est pas là comme cela a été longuement dit et commenté par de nombreux confrères… Un bassiste la remplace … sacrément efficace. Le groupe est totalement cohérent, soudé, ce qui n’a rien d’étonnant avec l’énorme série de concerts qu’ils ont faite. Ils ont eu le temps de se roder ! On a même l’impression que pendant toutes ces années ils ont progressé en tant qu’instrumentistes par rapport à l’époque de Téléphone. Le son a été judicieusement réactualisé : C’est le son Téléphone, mais avec des guitares qui ont le petit supplément de rugosité et d’abrasivité qu’il faut pour ne pas sonner ringard pour les générations post Nirvana/Pixies/Noir Désir.

 

Jean-Louis Aubert, à 62 ans, a toujours ce look à la Mick Jagger et sa voix d’adolescent. Les textes de Téléphone, simples mais ‘bien torchés’ font toujours mouche plus de 30 ans après car leurs thématiques sont intemporelles. Bertignac, s’il n’avait pas ses cheveux blancs, n’aurait pas beaucoup changé. Et Kolinka a toujours cette façon bien à lui de lever très haut la baguette et le bras et de regarder fixement sa cymbale comme s’il était en de lui dire ‘regarde ce que tu vas te prendre’ …

 

‘Crache ton venin’ donc… On enchaîne sur les chapeaux de roues avec ‘Hygiaphone’ et ‘Dans ton lit’, bien rock’n’roll tous les deux. L’intro de ‘Prends ce que tu veux’ est limite bordélique, mais dès que c’est calé on est en plein rock stonien avec cette ligne de guitare rythmique qui sonne pompée sur ‘Jumping Jack Flash’ !

 

On poursuit dans le rock énergique avec ‘Argent trop cher’. Et c’est avec ‘La Bombe humaine’ (recontextualisée avec une référence au Bataclan par Aubert en début de morceau) que vient la première accalmie, mais aussi, comme on pouvait s’y attendre le premier chant collectif de tout le public.

 

Accalmie de courte durée puisqu’ils enchaînent avec ‘J’avais un ami’, bien rock.

 

Puis viennent les deux morceaux chantés en lead vocal par Bertignac. D’abord un ’66 heures’ totalement furibard et rock’n’roll suivi d’un ‘Cendrillon’ (rebaptisé ‘CendriLyon’ par Aubert…) plus ‘pop’.

 

Ensuite vient le moment des ‘plats de résistance’ !

 

‘Flipper’ ! Le riff stonien de Bertignac est absolument simplissime, mais en même temps il devient énorme et totalement teigneux à force d’être répété en boucle avec la basse qui pousse derrière. Le texte, qui est la métaphore d’une vie en une partie de flipper en trois boules reste d’une totale actualité…. Même si, en 30 ans, tout le monde dans le théâtre…. a changé de boule le concernant dans la métaphore…

 

Autre plat de résistance : ‘Métro c’est Trop’. Pour poursuivre la comparaison stonienne, c’est un peu leur ‘Midnight Rambler’ à eux..

 

Derrière ces deux ‘pavés’ bien électriques, on passe à la seconde accalmie, acoustique cette fois. Il y a même une bonne partie de ‘déconne’ entre Aubert et Bertignac assis avec des guitares acoustiques. Ils attaquent ‘Stairway to heaven’ (de qui vous savez…), ‘Wild World’ (de Cat Stevens…)…

 

Mais finalement ils jouent ‘Le silence’, ‘Fleur de ma ville’ et ‘Le jour s’est levé’ avec, pour ce dernier morceau, Aubert au piano et une citation de ‘Like a Rolling Stone’ de Dylan.

 

Le moment du rush final est venu ! Avec ‘Electric Cité’ et sa ligne de basse irrésistible, on est en pleine fusion (au sens Red Hot Chilli Peppers et non Miles Davis…). Retour au rock stonien avec ‘Ce que je veux’. ‘New York avec toi’, bien plus électrique que la version studio originale, déclenche le premier lancer de coussins sans attendre la fin du show ! ‘Un autre monde’, est joué après avoir donné avec un gros ballon hémisphère aux spectateurs de la fosse … et le groupe sort de scène après les salutations.

 

Evidemment, vu la qualité du show, le public en veut plus.

 

Ils reviennent pour ‘Le vaudou’ et ‘Quelque chose en toi’ (une version longue, bien plus proche de celle du live de 87 que de la version studio et même avec une citation de ‘Purple Haze’ d’Hendrix), qui, bien qu’hyper énergiques…. ne rassasient pas le public, qui, malgré les lumières rallumées en réclame encore…

 

Second rappel donc avec ‘Tu vas me manquer’ à presque minuit.

 

Beaucoup disent que cette reformation de Téléphone en Insus … serait une usine à fric. C’est clair qu’avec déjà plus de 650 000 entrées, ils doivent en gagner beaucoup. Mais il parait absolument évident qu’on ne peut pas réduire les Insus à ça ! Leur plaisir de jouer est manifeste. Et le concert est un grand moment de pur rock d’une qualité telle qu’on peut même se demander s’ils ne sont pas meilleurs qu’à l’époque. Ils ne sont pas moins bons en tout cas….

 

Site web des Nuits de Fourvière : http://www.nuitsdefourviere.com/

 

Copyright photo : Pierre Hennequin

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