Emissions des 24 et 25 octobre 2020 :

Je vous propose ce week-end dans le cadre des émissions “Croisière Romantique” de rendre hommage à Juliette Gréco décédée le 23 septembre 2020.

Quelques grands succès de Juliette Greco :

– Accordéon (1962)
– Coin de rue (1954)
– Déshabillez-moi (1968)
– Guinguettes (1956)
– Il n’y a plus d’après (1960)
– Je suis comme je suis (1951)
– Jolie môme (1961)
– La chanson des vieux amants (chanson créée par Jacques Brel en 1967)
– La fête aux copains (chanson créée par Jean Ferrat en 1962)
– La javanaise (1963)
– La valse brune (chanson créée en 1909)
– Paname (1960)
– Paris Canaille (1953)
– Qu’on est bien (chanson créée par Guy Béart en 1957)
– Rue des blancs manteaux (1950)
– Si tu t’imagines (1955)
– Sous le ciel de Paris (chanson créée par Edith Piaf en 1954)
– Trois petites notes de musique (chanson créée par Cora Vaucaire en 1961) du film “Une aussi longue absence”
– Un petit poisson, un petit oiseau (1966)

Hommage à Juliette Greco :

Juliette Gréco, chanteuse et actrice française, était née le 7 février 1927 à Montpellier. Elle est décédée le 23 septembre 2020 à Ramatuelle dans le Var.

En 1939, elle est petit rat à l’Opéra de Paris. Sa mère l’entraîne dans la résistance. Capturée, elle échappe à la déportation en raison de son jeune âge. Elle est emprisonnée à Fresnes, alors que sa mère et sa sœur aînée Charlotte sont déportées à Ravensbrück d’où elles ne reviendront qu’en 1945, après la libération du camp par les Américains.

Début 1942, Juliette est libérée de Fresnes. Sans ressources, à seulement 15 ans, elle se rend alors chez la seule personne de sa connaissance résidant dans la capitale, Hélène Duc, qui fut son professeur de français à Bergerac et une amie de sa mère. Hélène Duc la loge dans la pension où elle-même demeure et la prend en charge.

Habitant à deux pas du quartier de Saint-Germain-des-Prés, Juliette Greco découvre le bouillonnement intellectuel de la rive gauche. Hélène Duc l’envoie suivre les cours d’art dramatique dispensés par Solange Sicard.

En 1946, Juliette décroche quelques rôles au théâtre comme “Victor” ou “Les enfants au pouvoir” et travaille aussi sur une émission de radio consacrée à la poésie.

Juliette noue des relations amicales avec de jeunes artistes et intellectuels de Saint-Germain-des-Prés, dont Anne-Marie Cazalis et Boris Vian. C’est dans un des bistrots de la rue Dauphine, “Le Tabou”, que Juliette et ses amis font de la musique, dansent et discutent philosophie. Juliette Greco, devenue la célèbre muse de Saint-Germain-des-Prés, décide d’opter pour la chanson. Jean-Paul Sartre lui confie une chanson qu’il a écrite pour sa pièce de théâtre “Huis clos” et lui conseille d’aller voir le compositeur Joseph Kosma pour que celui-ci en écrive la musique. C’est ainsi que Juliette interprète “La rue des Blancs-Manteaux”.

En 1949, disposant d’un riche répertoire (de Jean-Paul Sartre à Boris Vian), Juliette Gréco participe à la réouverture du cabaret “Le boeuf sur le toit”. Elle rencontre cette année-là Miles Davis dont elle tombe amoureuse. En 1951, elle reçoit le prix de la SACEM pour “Je hais les dimanches”. En 1952, elle part en tournée au Brésil et aux Etats-Unis dans la revue “April in Paris”.

En 1954, elle chante à l’Olympia. Elle rencontre son futur époux, le comédien Philippe Lemaire, sur le tournage du film “Quand tu liras cette lettre” de Jean-Pierre Melville. Ils divorcent en 1956 après la naissance de leur fille Laurence-Marie.

Elle repart pour New York et ses interprétations des plus grands auteurs français enthousiasment les américains. Hollywood la courtise. Elle rencontre le puissant producteur Darryl Zanuck sur le tournage du film “Le soleil se lève aussi” d’Henry King en 1957. Il devient son compagnon. Elle tourne dans quelques-unes de ses productions jusqu’en 1961, notamment sous la direction de John Huston dans “Les racines du ciel” (1958) et de Richard Fleischer dans “Drame dans un miroir” (1960), tous deux avec Orson Welles.

En 1960, elle revient à la chanson qu’elle ne quittera plus. Elle découvre et fait découvrir de nouveaux talents : Jacques Brel, Serge Gainsbourg, Guy Béart et Léo Ferré. Au cours de cette décennie, elle enregistre quelques titres phares de sa carrière “Il n’y a plus d’après” (1960), “Paname” (1960), “Jolie môme” (1961), “Accordéon” (1962), “La fête aux copains” (1962), “Un petit poisson, un petit oiseau” (1966) ou bien encore l’une de ses plus célèbres chansons “Déshabillez-moi” (1968).

En 1965, elle effectue une tournée. Elle offre gratuitement à un public constitué de jeunes étudiants et d’ouvriers qui la découvrent, tous les auteurs et les compositeurs qu’elle se donne comme mission de servir. Toujours en 1965, elle tient un rôle de premier plan dans le feuilleton télévisé “Belphégor ou le Fantôme du Louvre”. En 1966, elle devient l’épouse de Michel Picolli jusqu’à leur séparation en 1977.

A partir de 1975, Gérard Jouannest, son pianiste et accompagnateur depuis 1968, compose la musique de ses chansons. Elle l’épouse en 1988. Elle fait de nombreuses tournées à l’étranger notamment en Italie, en Allemagne, au Canada et au Japon.

En 1984, elle est faite Chevalier de la Légion d’honneur.

Elle retrouve une fois de plus son public à l’Olympia en 1991.

Juliette Gréco enregistre en 1993 un album avec des textes d’Etienne Roda-Gil sur des musiques, entre autres de Julien Clerc et Gérard Jouannest. Ce nouvel album sera suivi de l’Olympia et d’une tournée.

En 1998 elle enregistre un nouvel album qu’elle défend en public au Théâtre de l’Odéon à Paris.

En 2003, elle retourne en studio pour l’enregistrement d’un album composée par la jeune génération de la chanson pour les paroles. Des chansons qui seront mises en musique par Gérard Jouannest et François Rauber.

Elle retrouve l’Olympia en 2004.

En 2006 elle part pour New York enregistrer un album avec des musiciens de jazz qui paraitra en France sous le titre “Le temps d’une chanson”. Elle le crée sur la scène du Théâtre du Châtelet à Paris seulement accompagnée d’un piano et d’un accordéon.

En 2007, les Victoires de la musique la couronnent d’une « Victoire d’honneur » pour toute sa carrière. Cette même année, elle donne un concert à la Salle Pleyel.

En 2008, elle enregistre en duo la chanson “Roméo et Juliette” avec Abd Al Malik ainsi qu’un nouvel album réalisé à partir de textes d’Olivia Ruiz et d’Abd Al Malik.

En 2010, le documentaire “Je suis comme je suis” de Brigitte Huault-Delannoy, est projeté en son honneur et en sa présence à Montréal.

En 2013, Juliette Greco enregistre un album de 12 chansons en hommage à Jacques Brel “Juliette Greco chante Brel”. Elle chantera à l’Olympia les 16 et 17 mai 2014.

Elle est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence.

Début 2015, Juliette Greco annonce une grande tournée d’adieu intitulée “Merci” qui débute en avril 2015 au Printemps de Bourges.

Elle s’est ensuite produite en Israël, au Canada, en Italie, en Belgique, ainsi qu’aux Pays Bas et en Allemagne.

En novembre 2015, sa maison de disques sort un coffret de 12 cd sous le titre “L’Essentielle” comprenant la quasi intégralité de ses chansons ainsi qu’un album de ses plus grands succès intitulé “Merci’ avec une chanson inédite intitulée “Merci”.

En décembre 2015, Juliette Greco a chanté au “Chatelet”, au “Théâtre des “Champs-Elysées” et à “La Cigale”.

Au début de l’année 2016, elle repart sur les routes de France mais elle est victime d’un AVC dans un hôtel du centre ville de Lyon. Son producteur annonce le report des concerts pour l’automne 2016 qui seront finalement annulés. Juliette Greco a donné son dernier concert le 12 mars 2016 au Théâtre de l’Etang à St-Estève dans les Pyrénées-Orientales.

Son époux, le pianiste Gérard Jouannest, avec lequel elle était mariée depuis trente ans est décédé le 16 mai 2018.

Juliette Gréco est décédée le 23 septembre 2020 dans sa demeure de Ramatuelle. Une cérémonie souvenir est célébrée à l’église de Saint-Germain-des-Prés. Elle a été inhumée dans la plus stricte intimité le 5 octobre 2020 au cimetière du Montparnasse auprès de son époux Gérard Jouannest.

Juliette Greco restera dans nos souvenirs comme l’une des plus grandes interprète de la chanson française qu’elle a défendu tout au long de sa carrière.

Pin It on Pinterest

Share This