Emissions des 27 et 28 novembre 2021 :

Je vous propose ce week-end dans le cadre des émissions “Croisière Romantique” de rendre hommage à Joséphine Baker à l’occasion de son entrée au Panthéon le 30 novembre 2021.

Quelques grands succès de Joséphine Baker :

– Aux îles Hawaii (1931)
– Avec (1959) extrait de la revue “Paris mes amours”
– C’est ça le vrai bonheur (1953)
– C’est lui (1934) du film “Zou Zou”
– Chiquita madame (1949)
– Dis moi Joséphine (1935)
– De temps en temps (1939)
– Donnez-moi la main (1959)
– Haïti (1934) du film “Zou Zou”
– J’ai deux amours (1931)
– J’ai peur de rêver (1937)
– La ballade des rues de Paris (1959)
– La conga blicoti (1936)
– La petite tonkinoise (1930)
– Mon coeur est un oiseau des îles (1940)
– Paris chéri (1944)
– Paris mes amours (1959) extrait de la revue “Paris mes amours”
– Piel canala (1954)
– Quand je pense à ça (1968)
– Ram-Pam-Pam (1932) avec Pills et Tabet – extrait de la revue “La joie de Paris”
– Revoir Paris (1949) extrait du spectacle “Fééries et Folies”
– Sans amour (1932)
– Si j’étais blanche (1932)
– Sous le ciel d’Afrique (1935) du film “Princesse Tam-tam”
– Vous faites partie de moi (1937)

Hommage à Joséphine Baker :

Joséphine Baker, née Freda Josephine McDonald, était une chanteuse, danseuse, actrice, meneuse de revue et résistante française d’origine américaine. Elle était née le 3 juin 1906 à Saint-Louis (Missouri). Elle est décédée le 12 avril 1975 dans le 13e arrondissement de Paris.

La jeune Freda passe une partie de son enfance à alterner l’école et les travaux domestiques pour des gens aisés chez qui sa mère l’envoie travailler.

À cette époque, Freda grâce à ses petits salaires va aider ses parents, qui sont très pauvres, à faire vivre la fratrie dont elle est l’aînée.

En 1920, à seulement 14 ans, Freda qui a une passion pour la danse depuis toute petite, va rejoindre un trio d’artistes de rue appelé le “Jones Family Band”, qui va ensuite être intégré dans la troupe itinérante des “Dixie Steppers”. C’est lors d’une tournée qui s’arrête à Philadelphie que Freda va faire la connaissance de Willie Baker, qu’elle épouse en 1921. A ce moment-là, pour gagner sa vie, elle danse au “Standard Theater”.

Freda rêve de danser à Broadway. En 1922, âgée d’à peine 16 ans, elle quitte son mari pour aller tenter sa chance à New York. Une fois sur place, et après plusieurs refus de théâtres de Broadway, elle rejoint la troupe de la comédie musicale “Shuffle Along”.

En 1924, au bout de deux ans de tournée, elle entre au “Plantation Club”, où elle va faire la connaissance de Caroline Dudley Reagan. épouse de l’attaché commercial de l’ambassade américaine à Paris. Caroline Dudley Reagan voit en Freda un grand potentiel. Elle va lui offrir un salaire de 250 dollars par semaine et va la convaincre de la suivre en France, où son époux veut monter un spectacle. Freda, qui va devenir Joséphine Baker, en sera la vedette. Le spectacle “Revue nègre” fera d’elle une star.

Joséphine Baker et sa troupe embarquent sur le paquebot “Berengaria” le 25 septembre 1925. Peu de temps après son arrivée à Paris, les répétitions commencent. Le 2 octobre 1925, elle passe en première partie dans la “Revue nègre” au Théâtre des Champs-Elysées et fait rapidement salle comble. Quasiment nue, vêtue d’un simple pagne, elle danse le charleston, dans un décor de savane et au rythme des tambours. Dans la revue, elle interprète un tableau baptisé “La danse sauvage”.

En 1927, après plus d’une centaine de représentations en France ainsi qu’à l’étranger, Joséphine Baker casse son contrat et signe avec le théâtre des Folies Bergère pour une revue intitulée “La Folie du jour” où elle joue un des premiers rôles. Dans cette revue, elle porte plumes roses et ceinture de bananes. Elle est accompagnée d’un guépard dont l’humeur fantasque terrorise l’orchestre et fait frémir le public. C’est cette même année que Joséphine se lance dans la chanson. Grâce aux conseils de son nouvel impresario et amant, Giuseppe Abattino, elle participe au film “La Sirène des tropiques”. Giuseppe ouvre le club “Chez Joséphine” et va organiser pour Joséphine une tournée mondiale en 1928. Leur collaboration durera jusqu’en 1936.

Elle est engagée par Henri Varna, directeur du Casino de Paris, pour mener la revue de la saison 1930-1931. Au début des années 30, elle enregistre deux chansons qui seront d’énormes succès : “La petite tonkinoise” et “J’ai deux amours”. Ces deux titres ont été composés par Vincent Scotto. C’est à cette époque, que quelques rôles lui sont proposés au cinéma. Elle va tourner notamment dans le film “Zouzou” aux côtés de Jean Gabin et d’Yvette Lebon.

En 1935, au théâtre Marigny, elle chante et joue dans l’opérette “La Créole” de Jacques Offenbach sur une adaptation française d’Albert Willemetz.

En octobre 1935, elle s’embarque à bord du paquebot “Normandie” pour une tournée d’un an aux Etats-Unis. Elle n’y rencontre pas la succès escompté. Elle va rentrer en France en mai 1936. Elle acquiert la nationalité française en 1937 après son mariage avec Jean Lion. Le couple s’installe au château des Milandes à Castelnaud-Fayrac (aujourd’hui Castelnaud-la-Chapelle) en Dordogne. Elle va surnommer sa nouvelle demeure son “château de la Belle au Bois dormant”.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, Joséphine Baker chante pour les soldats au front. En septembre 1939, elle va devenir un agent du contre-espionnage français. Elle va aussi se mobiliser pour la Croix-Rouge. En 1940, elle s’engage dans les services secrets de la France libre.

Joséphine Baker donne une série de galas à Marseille en 1941. Elle s’installe au Maroc entre 1941 et 1944. Elle va soutenir les troupes alliées et américaines et se lancer dans une longue tournée en jeep, de Marrakech au Caire, puis au Moyen-Orient, de Beyrouth à Damas.

Engagée dans les forces féminines de l’Armée de l’air et nommée sous-lieutenant, elle débarque à Marseille en octobre 1944.

A la Libération, elle va poursuivre ses activités pour la Croix-Rouge et aussi chanter pour les soldats et résistants. Ses activités durant la guerre lui vaudront la médaille de la Résistance française. En août 1961, elle recevra également les insignes de chevalier de la Légion d’honneur et la croix de guerre 1939-1945.

Avec Jo Bouillon, qu’elle a épousé en 1947, elle va acheter le château des Milandes en Dordogne. Elle y vivra jusqu’en 1969. C’est dans ce château, qu’elle va accueillir douze enfants de toutes origines, qu’elle a adoptés et qu’elle appelle sa “tribu arc-en-ciel”.

Elle se sépare de Jo Bouillon en 1957. Le couple divorcera en 1961. Joséphine engloutit toute sa fortune dans le domaine des Milandes. Elle donne de très nombreux concerts afin de pouvoir faire face à tous les frais du domaine.

En juin 1964, Joséphine Baker, criblée de dettes et harcelée par le fisc, lance un appel pour sauver sa propriété de Dordogne, où vivent ses enfants. Brigitte Bardot sera une des premières à lui adresser un chèque important. En 1968, après plusieurs années difficiles, le château des Milandes est finalement vendu pour un dixième de sa valeur. Elle pourra toutefois y rester jusqu’en mars 1969.

A la suite de son expulsion du domaine des Milandes, elle va être hospitalisée quelques temps. Jean-Claude Brialy va la prendre sous son aile et l’accueillir dans son cabaret “La Goulue” où elle assurera le spectacle. Elle va encore parcourir l’Europe et se produire à Bruxelles, Copenhague, Amsterdam ainsi qu’à Berlin.

La princesse Grace de Monaco, amie de la chanteuse, va lui offrir un logement à Roquebrune pour le reste de sa vie. La princesse Grace va également l’inviter à Monaco pour des spectacles de charité. En 1968, Joséphine Baker va remonter sur la scène parisienne de l’Olympia. Par la suite, elle chantera à Belgrade en 1973. Cette même année, c’est le Carnegie Hall qui l’accueillera. En 1974, elle se produira à Londres ainsi qu’à Paris au Gala du cirque.

En mars 1975, Joséphine Baker fête ses cinquante ans de carrière. Elle va inaugurer la rétrospective “Joséphine” à Bobino, dont le prince Rainier III et la princesse Grace font partie des mécènes. De nombreuses personnalités sont venus fêter l’artiste tels Alain de Boissieu, gendre de Charles de Gaulle, Sophia Loren ainsi que Mick Jagger, Mireille Darc, Alain Delon sans oublier Jeanne Moreau, Tino Rossi et Pierre Balmain pour ne citer qu’eux.

Elle retrouve son appartement parisien le 9 avril 1975 alors que le rideau vient de tomber devant une salle enthousiaste pour sa quatorzième représentation. Le lendemain matin, 10 avril, Joséphine Baker est victime d’une attaque cérébrale. Elle est transportée dans un coma profond à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où elle décède le 12 avril, à l’âge de 68 ans.

Des funérailles catholiques sont célébrées le 15 avril 1975 à l’église de la Madeleine, à Paris. Elle reçoit les honneurs militaires. Après ses obsèques le 19 avril 1975 à l’église Saint-Charles de Monte-Carlo, elle est enterrée au cimetière de Monaco.

Le 30 novembre 2021 Joséphine Baker sera la première femme noire à faire son entrée au Panthéon. Son corps restera à Monaco.

Joséphine Baker fut une grande vedette du music-hall et icône des Années folles. Elle a joué pendant la Seconde Guerre mondiale un rôle important dans la résistance à l’occupant. Durant sa vie, elle va utiliser sa grande popularité au service de la lutte contre le racisme et pour l’émancipation des Noirs, en particulier en soutenant le mouvement américain des droits civiques. Elle reste encore aujourd’hui une inoubliable artiste aux multiples talents et une femme de coeur.

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