Emissions des 23 et 24 mai 2019 :

Je vous propose ce week-end dans le cadre des émissions “Croisière Romantique” de rendre hommage à Fred Mella décédé le 16 novembre dernier, aux Compagnons de la Chanson et à Yvette Giraud à l’occasion du 5ème anniversaire de sa disparition.

Quelques grands succès des Compagnons de la Chanson :

– Allez savoir pourquoi (1960)
– Au temps de Pierrot et Colombine (1976) sur le thème de la symphonie n° 40 de Mozart
– Bras dessus, bras dessous (1960)
– Comment va la vie ? (1968)
– De ville en ville (Indicatif d’Intervilles – 1963)
– Guitares et tambourin (1958)
– Je crois en toi (1953)
– Je reviens chez nous (1968)
– L’arlequin de Tolède (1960)
– La chanson de Lara (1968) du film “Docteur Jivago”
– La licorne (1969)
– Le chant de Mallory (1964)
– Le cœur en fête (1970)
– Le marchand de bonheur (1960)
– Le violon de tante Estelle (1955)
– Les trois cloches (1946) en duo avec Edith Piaf
– Mélodie perdue (1958)
– Mes jeunes années (1950)
– Mon ami, mon ami (1954)
– Qu’il fait bon vivre (1960)
– Ronde mexicaine (1959)
– Si tous les gars du monde (1957)
– Vénus (1959)
– Verte campagne (1960)
– Le petit âne gris (1956) de l’opérette “Minnie Moustache” en duo avec Thérèse Laporte

Coup de chapeau à Fred Mella et aux Compagnons de la Chanson :

Fred Mella était le 10 mars 1924 à Annonay dans l’Ardèche. Il est décédé le 16 novembre 2019 à Goupillières dans les Yvelines à l’âge de 95 ans. C’est son fils Michel qui a annoncé la triste nouvelle en expliquant que le chanteur était décédé dans sa maison parmi les siens, paisiblement et entouré des siens.

Ses parents sont italiens et Fred est le second de trois garçons dont Jean est l’aîné et René le benjamin.

Fred et sa famille aiment la musique. Le jeune Fred rêve de devenir chanteur. Le rêve va devenir réalité. A l’âge de 18 ans, il part pour Lyon rejoindre les Compagnons de la Musique.

C’est à Lyon, en 1941 que Les Compagnons de la Musique débutent leur carrière en interprétant des vieilles mélodies comme “Perrine était servante”. En 1946, ils deviennent Les Compagnons de la Chanson. Ils vont connaître le succès jusqu’au milieu des années 1980.

En 1946, ils rencontrent Edith Piaf et vont enregistrer avec elle la chanson “Les trois cloches” composée par Jean Villard. Ce titre devient rapidement un succès international et le grand public est conquis. Avec Edith Piaf, ils partent en tournée aux Etats-Unis en 1947 et vont ensuite se produire en Angleterre, au Brésil, au Moyen-Orient ou encore au Japon.

A leur retour en France, ils enregistrent de nombreux succès tels que “Si tous les gars du monde” (1957), “Si tu vas à Rio” (1958), “Vénus” (1959), “Le marchand de bonheur” (1960), “Qu’il fait bon vivre” (1960) ainsi que “Bras dessus, bras dessous” (1960) ou encore “La chanson de Lara” (1968).

Le groupe est formé de neuf chanteurs : les ténors Fred Mella, René Mella et Jean-Pierre Calvet, les basses Joe Frachon, Guy Bourguignon et Jean-Louis Jaubert, ainsi que les barytons Jean Broussolle, Hubert Lancelot et Gérard Sabbat.

En 1969, au décès de Guy Bourguignon, il refusent de le remplacer et chanteront désormais à huit. Jean Broussolle quitte le groupe en décembre 1972 et c’est Michel Cassez qui le remplace.

En 1954, avec Radio-Luxembourg, ils partent plus de six mois en tournée. En 1959, ils suivent le Tour de France. A Paris, l’Olympia ou encore Bobino les accueille très régulièrement. Le public est toujours heureux de les retrouver entre deux tournées mondiales. Ils donnent environ 300 concerts par an. Que ce soit au Canada, en Israël, au Liban, en Syrie, en Russie, en Afrique, en Belgique, en Italie ou bien en Suisse ou en Allemagne, leur succès est immense.

Ils sont très souvent invités dans toutes les grandes émissions télévisées de l’époque comme “Le Palmarès de la chanson”, “Télé Dimanche”, ou bien encore “Tête de bois et tendres années”.

Côté cinéma, ils tournent avec Edith Piaf dans le film “Neuf garçons, un cœur”. Ils participent aussi à l’opérette “Minnie Moustache” aux côtés de Jean Lefebvre.

En 1983, ils triomphent pendant cinq semaines à l’Olympia.

Avant de mettre un terme à leur carrière lors d’un dernier concert en février 1985 à Nogent sur Marne, les Compagnons de la Chanson auront parcouru le monde pendant cinq années avec leur tournée d’adieux.

A partir de 1986, Fred Mella poursuit sa carrière en solo.

A Lyon, en octobre 2002, une place des Compagnons de la Chanson fut inaugurée à Lyon dans le quartier du Point du Jour, à proximité de l’endroit où la belle aventure avait commencée.

Fred Mella a été très affecté par le décès de son frère René survenu le 30 septembre dernier à l’âge de 93 ans. Fred avait également perdu son épouse la comédienne Suzanne Avon le 2 octobre 2018.

Fred Mella n’était pas le dernier des Compagnons de la Chanson. En effet, il reste encore Michel Cassez, dit “Gaston” ainsi que Marc Herrand. Marc Herrand a été cofondateur et premier directeur musical des Compagnons. Il a réalisé la plupart de leurs arrangements aux débuts du groupe, dès 1946 et jusqu’à son départ en 1952 pour s’occuper de la carrière de sa future épouse Yvette Giraud. Il fut remplacé par Jean Broussolle.

Encore aujourd’hui, leurs grands succès sont toujours sur toutes les lèvres et leurs nombreux fans de France et du monde entier continuent à faire vivre ce groupe notamment avec les forums ou blogs sur internet.

Quelques grands succès d’Yvette Giraud :

– Avril au Portugal (1957)
– Bouquet de Paris (1958)
– Cerisier rose et pommier blanc (1957)
– Eden blues (chanson créée par Edith Piaf en 1958)
– Habanera (1953)
– I love Paris (1955) de l’opérette “Can Can”
– L’abeille et le papillon (1952)
– La danseuse est créole (1946)
– La fête des fleurs (1952)
– La promenade en traîneau (1957)
– Le grain de beauté (1956)
– Le moulin aux tulipes (1958)
– Le pont Mirabeau (1952)
– Le quadrille au village (1957) de l’opérette “Oklahoma”
– Le restaurant chinois (1962)
– Les lavandières du Portugal (1955)
– Mademoiselle Hortensia (1946)
– Ma guêpière et mes longs jupons (1949)
– Maïa (1950)
– Maître Pierre (1949)
– Mon bel amigo (1947)
– Petit voyage sentimental (chanson créée en 1944)
– Portofino (1958)
– Sayonara (1958)
– Sous une ombrelle à Chantilly (1950)
– Si tu es jolie (1955)
– Un petit bout de satin (1951)
– Un p’tit peu d’argent (1954)
– Vendanges à Porto (1957)

Hommage à Yvette Giraud :

Yvette Giraud était née Yvette Houron à Paris le 16 septembre 1922 à deux pas du quartier Latin. Elle est décédée le 3 août 2014 à Strasbourg.

La jeune Yvette a grandi à Montparnasse.

Très vite, une amie chanteuse à l’opéra remarque sa voix grave et lui conseille de prendre des cours de chant classique. En même temps, elle va travailler dans le secrétariat avant de devenir speakrine à la radio.

En 1944, Yvette Giraud débute dans la chanson en se produisant dans un cabaret de Montmartre.

En 1945, après une audition, elle est engagée pour chanter devant les troupes anglaises avant d’être recrutée au Théâtre aux Armées des Forces armées britanniques.

En 1946, sa rencontre avec le parolier Jacques Plante lui permet d’enregistrer ses premières chansons : “Mademoiselle Hortensia” et “Petit voyage sentimental”. Le succès de “Mademoiselle Hortensia” va faire d’elle, et ce en quelques mois, une immense vedette. Elle enchaîne avec “La danseuse est créole” et le tango “Joue contre joue”.

Son répertoire, pour le moins très varié et étendu comprend des titres tels que “Les lavandières du Portugal”, “Cerisier rose et pommier blanc”, “Ma guêpière et mes longs jupons”, “Avoir un homme sous son toit”, “Tu te souviendras de moi”, “L’âme des poètes” et “Que reste-t-il de nos amours” empruntés au répertoire de Charles Trénet. Les chansons “Un p’tit peu d’argent” et “Avril au Portugal” deviennent également de grands succès. Elle enregistre aussi des titres plus inattendus comme “Le pont Mirabeau”, “L’écharpe” ou “Adélaïde”.

A partir de 1952, Yvette Giraud partage la vie de Marc Herrand qui est à l’époque l’arrangeur et le directeur musical des Compagnons de la Chanson. Les deux artistes se marient et vont parcourir le monde. Yvette Giraud se produit sur tous les continents et devient rapidement une merveilleuse ambassadrice de la chanson française.

En 1955, après une tournée de deux mois en Indochine, elle visite le Japon où elle va rapidement devenir une immense vedette. Pour les Japonais, c’est Yvette Giraud qui a le mieux représenté la France. La chanson, “Trente ans”, créée par Marc Herrand, témoigne de l’amour qu’Yvette Giraud porte à ses admirateurs japonais. Le 14 février 1995, elle reçoit des mains de l’empereur du Japon l’Ordre de la Couronne précieuse Wistaria.

Yvette Giraud et son mari, l’ancien Compagnon de la Chanson, Marc Herrand, ont publié un ouvrage autobiographique “La route enchantée” dans lequel ils reviennent sur ce qu’ont été leurs succès et leurs pérégrinations à travers le monde.

Yvette Giraud a mis un terme à sa longue carrière en 1999 pour profiter de sa retraite à Strasbourg. Beaucoup de Lyonnais l’ont revue avec plaisir dans leur ville, en 2002, lors de l’inauguration de la Place des Compagnons de la Chanson où elle s’était rendue accompagnée de son mari Marc Herrand.

A noter également qu’elle a préfacé la biographie consacrée aux Compagnons de la Chanson que Christian Fouinat et Louis Pétriac ont publié en avril 2011.

Yvette Giraud est décédée le 3 août 2014 à Strasbourg à presque 98 ans.

Ambassadrice de la chanson française, Yvette Giraud, a su pendant plus de cinquante ans grâce à sa magnifique voix chaude et grave conquérir tous les publics et ses succès “Mademoiselle Hortensia” ou encore “La danseuse est créole” restent encore aujourd’hui sur toutes les lèvres.

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