L’affiche était prometteuse (et c’était d’ailleurs une première, ces deux groupes n’ayant encore jamais partagé la même affiche) et on en attendait beaucoup.

On n’a pas été déçus !

La soirée affichait complet, avec un public majoritairement composé de personnes de plus de trente ans, et un public vraiment à l’écoute. La fosse debout était pleine, mais on ne voyait personne y bouger pendant les deux concerts, tout le monde étant totalement plongé dans la musique.

C’est Magma qui jouait en premier. Leur style zeuhl reste immédiatement identifiable : de longs morceaux complexes, avec un chant en kobaïen, des atmosphères souvent sombres, et une musique souvent au confluent du rock prog et du jazz-rock. On a eu bien sûr leurs grands classiques de la période 68-74, immédiatement reconnus et acclamés par le public, mais aussi des morceaux que pour notre part, nous ne connaissions pas, probablement issus du récent album ‘Zëss’.

Après 50 ans de carrière, ce groupe qui a connu un nombre incalculable de line-ups autour du couple Vander, est toujours excellent. Même si on les a sentis moins percutants, moins ‘en place’ qu’à Jazz à Vienne l’an passé, d’autant plus que les cuivres étaient noyés dans le mix. C’est probablement dû au fait qu’ils ne sont qu’en tout début de tournée. Cela n’a pas empêché le public de leur faire une longue et immédiate standing ovation !

King Crimson en tête d’affiche ! Pour très probablement (on n’a rien trouvé …) son premier concert lyonnais. King Crimson a lui aussi connu un nombre important de line-ups, toujours autour du même Robert Fripp.

C’est impressionnant dès l’installation de la scène… Trois batteries en front de scène et les autres musiciens derrière, sur une scène surélevée… Le groupe demande instamment qu’aucune photo ou vidéo ne soient faites pendant qu’ils jouent, mais uniquement quand eux-mêmes sortiront leurs appareils photos à la fin…

Dès les premières notes du concert, le son est parfait… Impressionnant d’entendre aussi distinctement le son des trois batteries et la basse de Tony Levin…

Ils attaquent fort avec un grand classique : ‘Lark’s Tongue in Aspic Part 1’. D’entrée, on sent qu’ils jouent cette musique puissante et complexe avec une invraisemblable cohésion.

C’est ensuite ‘Neurotica’ issu de l’album ‘Beat’.

Le public salue immédiatement les premières notes d’’Epitath’, issu bien sûr du premier album. Superbe version mettant au mieux en valeur la synthèse de mélodie et de puissance.

Retour à l’album ‘Lark’s Tongue in Aspic’ avec une magnifique version de ‘Easy Money’ avant un incroyable dialogue entre les trois batteries qui sert de longue intro à une version puissante de ‘Indiscipline’.

On revient au calme avec ‘Moonchild’, même si la version est plus électrique et moins folk que l’originale.

‘In the Court of the Crimson King’ suscite lui aussi une réaction immédiate du public et comme sur ‘Epitath’, le mélange de puissance et de mélodie est admirable.

‘Radical Action 2′, suivi de ‘Level 5’ ! Impressionnant !! Un mélange de précision, de complexité et de puissance. Deux morceaux des années 2000, on est en plein metal prog. Et on se dit que finalement aucun groupe de metal prog n’a probablement fait mieux …

On enchaîne avec ‘Starless’, issu de l’album ‘Red’. Magnifique morceau en trois parties ! On commence avec un passage chanté très mélodique et avec la guitare aérienne de Fripp. Puis arrive cette longue montée avec une batterie, la basse de Levin et la guitare de Fripp où, dès 1974 (mais avec la basse de Wetton et la batterie de Bruford à l’époque… ) ils inventaient le math-rock… avant de déboucher sur une dernière partie en jazz-rock surpuissant avec le tempo rapide et le sax de Mel Collins.

Le groupe sort de scène… mais revient en rappel pour un ‘21st Century Schizoïd Man’ dantesque, bien plus long que l’originale, et d’une précision diabolique…

Et Levin et Fripp sortent leurs appareils photo.. Ca veut dire qu’on peut sortir les nôtres ! Et nombreux sont dans le public ceux qui ne s’en privent pas.

On s’attendait à un concert énorme et ça a été énorme. Finalement, face à de tels musiciens qui jouent avec un tel niveau de tels morceaux, on n’a qu’un seul regret : Que ça ne dure pas une heure de plus ! Avec leurs 50 ans de discographie, ils auraient de quoi. Et le public qui leur a fait une énorme et spontanée standing ovation finale aurait sûrement été preneur !

Espérons qu’on les reverra dans la région !

Site web des Nuits de Fourvière : https://www.nuitsdefourviere.com/

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