Emissions des 4 et 5 novembre 2017

Je vous propose ce week-end dans le cadre des émissions « Croisière Romantique » de rendre hommage à Yves Montand à l’occasion du 26ème anniversaire de sa disparition.

Quelques grands succès d’Yves Montand :

– A bicyclette (1968)
– A Paris (1963)
– Bella ciao (chant traditionnel)
– C’est si bon (1947)
– Clopin, clopant (1948)
– Dans les plaines du far west (1944)
– Dansons la rose (Roses de Picardie – chanson créée en 1916)
– Faubourg Saint-Martin (1954)
– Il n’y a plus d’après (1960)
– La chansonnette (1962)
– La Marie-Vison (1956)
– Le chat de la voisine (1959)
– Le jazz et la java (1962)
– Les feuilles mortes (1946)
– Les grands boulevards (1952)
– Le temps des cerises (chanson créée en 1867)
– Mathilda (1963)
– Ma douce vallée (1948)
– Mon manège à moi (1958)
– Nuages (1942)
– Paris Canaille (1953)
– Parce que ça me donne du courage (1949)
– Sous le ciel de Paris (1954)
– Syracuse (1962)
– Toi tu ne ressembles à personne (1953)
– Trois petites notes de musique (1961) du film « Une aussi longue absence »
– Un gamin de Paris (1951)
– Venez donc chez moi (chanson créée en 1935)
– Brave marin (Le retour du marin – chant traditionnel) en duo avec Simone Signoret

Coup de chapeau à Yves Montand :

Yves Montand, de son vrai nom Ivo Livi, était un acteur de cinéma, chanteur et danseur interprète de music-hall français d’origine italienne né le 13 octobre 1921 à Monsummano Alto, en Toscane (Italie). Il est mort le 9 novembre 1991 à Senlis (Oise), en France.

Ivo Livi, fils de Giovanni et Giuseppina Livi, était issu d’une famille ouvrière. Il était le dernier d’une fratrie de trois enfants : sa sœur Lydia née en 1915 et son frère aîné Giuliano (Julien) né en 1917.

En 1923, Ivo n’avait que deux ans lorsque sa famille fuit l’Italie fasciste et émigra vers la France. Les Livi s’installèrent au sein des quartiers pauvres de Marseille.L’enfance d’Ivo fut difficile matériellement ainsi que moralement. Il était en effet considéré comme un « immigré rital ». C’est à cette époque qu’il se passionna pour le cinéma et notamment pour les comédies musicales américaines, en particulier celles de son idole Fred Astaire et ses numéros de claquettes.

Ivo était âgé de onze ans quand il dut aller travailler à l’usine. A quatorze ans, il fut apprenti dans le salon de coiffure pour dames où travaillait sa sœur Lydia, et passa avec succès un CAP de coiffeur. Il travailla par la suite sur les docks de Marseille.

En 1938, à l’âge de dix-sept ans, il décrocha une place de chauffeur de salle dans un cabaret de music-hall de Marseille. Par la suite il parvint à s’y établir comme chanteur et effectua des imitations de Charles Trenet, Maurice Chevalier et de Fernandel. Il y interpréta également sa chanson « Dans les plaines du Far West » sous le nom d’artiste Yves Montand.

Son talent d’interprète, son charme et son jeu de scène issu du music-hall assurèrent à Yves Montand un succès immédiat. Il se produisit alors dans les cabarets de Marseille et de sa région, avant d’apparaître le 21 juin 1939, avec un succès fracassant, sur la scène de l’Alcazar, puis celle de l’Odéon, temples institutionnels du music-hall de Marseille.

En 1939 éclata la Seconde Guerre mondiale, et Yves Montand se retrouva manœuvre aux Chantiers de Provence. En 1941, il s’enfuit pour Paris dans le but d’éviter le service du travail obligatoire (STO) en Allemagne.

Yves Montand se produisit alors au théâtre de l’ABC en février 1941, avec le même succès qu’à Marseille. Par la suite il joua à Bobino, aux Folies-Belleville et au célèbre Moulin Rouge, où il passa en première partie de la chanteuse Edith Piaf. La rencontre de ces deux artistes se transforma alors en coup de foudre. Edith Piaf, déjà célèbre et adulée, entreprit d’initier son amant aux ficelles du métier et à la vie d’artiste. C’est ainsi qu’Edith Piaf fit admettre Yves Montand parmi les personnages importants du monde du spectacle de cette époque, tels Joseph Kosma, Henri Crolla, Loulou Gasté, Jean Guigo, Henri Contet, Louiguy, Marguerite Monnot, Philippe-Gérard, Bob Castella ou encore Francis Lemarque.

En 1945, Yves Montand était une étoile du music-hall et se produisait en vedette au théâtre de l’Etoile, à Paris. Il se lança alors dans une carrière d’acteur de cinéma. Il fit ses débuts aux côtés d’Edith Piaf dans « Etoile sans lumière » et rencontra le succès, puis dans « les Portes de la nuit » de Marcel Carné.

Après le Moulin Rouge, Yves Montand partit en tournée avec Edith Piaf jusqu’en 1946, date à laquelle ils se séparèrent.

En 1948, Yves Montand découvre Saint-Paul-de-Vence, sur la Côte d’Azur. Il devint un habitué estival de « L’Auberge de la Colombe d’Or ». C’est là que le 19 août 1949, le regard d’Yves Montand croise celui de Simone Signoret. C’est le coup de foudre. Simone Signoret quitta son mari, le réalisateur Yves Allégret, avec qui elle avait une petite fille, Catherine Allégret.

Simone Signoret partit vivre avec Yves Montand et sa fille à Paris. Le 22 décembre 1951, ils se marièrent et devinrent l’un des couples français les plus médiatiques du monde du spectacle.

En 1952, Henri-Georges Clouzot offrit à Yves Montand son premier grand rôle au cinéma, avec « Le Salaire de la peur ». Ce film fut récompensé au Grand Prix du Festival de Cannes 1953.

En 1954, le couple acheta une propriété en Normandie.

En 1955, Yves Montand et Simone Signoret se produisirent dans la pièce de théâtre « les Sorcières de Salem » de l’écrivain Arthur Miller, traduite et adaptée en français par Marcel Aymé, et présentée pour la première fois au Théâtre Sarah Bernhardt à Paris. Ce fut un tel succès que les représentations durèrent jusqu’à Noël 1955.

En 1959, Yves Montand entama une tournée éclatante aux Etats-Unis et accéda au statut de vedette internationale. A New York, où il revint en 1961 et en 1963, il triompha à Broadway. Il accomplit également avec succès plusieurs tournées de music-hall à travers le monde, notamment au Canada et au Japon.

C’est lors de son séjour aux Etats-Unis pour la remise de l’Oscar de la meilleure actrice à Simone Signoret, pour son interprétation dans le film « Les Chemins de la haute ville » de Jack Clayton, qu’Yves Montand et Simone Signoret firent la connaissance de Marilyn Monroe, alors mariée à l’écrivain Arthur Miller. Les deux couples sympathisèrent et Marylin Monroe imposa Yves Montand aux studios pour jouer à ses côtés dans « Le Milliardaire ». En 1960, Yves Montand tourna donc à Hollywood le film de George Cukor, en compagnie de Marilyn Monroe.

C’est à cette occasion que se noua une aventure entre Yves Montand et l’actrice américaine, ceci sous les feux des projecteurs de la presse internationale. Simone Signoret repartit pour la France tandis qu’une liaison passionnée, connue de tous, se nouait entre Yves Montand et Marilyn Monroe. Yves Montand rejoignit sa femme après la fin de la promotion du film.

En 1961, Yves Montand retourna aux Etats-Unis au Golden Théâtre de Broadway, à New York, puis au Japon et en Angleterre, en tant qu’artiste de music-hall à succès parmi les plus renommés de la planète.

A partir de 1964, Yves Montand se consacra à sa passion du cinéma et ne monta plus sur scène que de façon épisodique. Il tourna avec, entre autres, Costa-Gavras, Alain Resnais et René Clément.

Il est l’acteur principal de la trilogie de Costa-Gavras dénonçant les extrémismes : « Z » en 1969, « L’Aveu » en 1970 et « Etat de siège » en 1973.

Yves Montand parvient, après la chanson, à s’imposer au cinéma. Au gré des tournages, il devint un acteur de premier plan tant pour la critique que pour le public. Tournant pour des réalisateurs aussi différents que peuvent l’être Henri Georges Clouzot, Jean-Pierre Melville, Henri Verneuil, Costa-Gavras ou encore Gérard Oury et Claude Sautet. On retiendra de sa filmographie notamment « Compartiment tueurs » (1964), « La guerre est finie » (1966), « Le Cercle rouge » (1970), « César et Rosalie » (1972), « Police Python 357 » (1975), « Le sauvage » (1975), sans oublier « Jean de Florette » et « Manon des Sources » (1986) et bien d’autres encore.

Malgré ses engagements et soutiens publics, il n’a jamais appartenu à un parti politique, mais fut militant du Mouvement de la paix et des droits de l’homme.

En février 1974, pour soutenir les réfugiés chiliens et condamner le coup d’état du général Pinochet, il se produira pour un unique récital à l’Olympia.

Dans les années 1980, Yves Montand milita pour les droits de l’homme.

En septembre 1985, pendant le tournage du film « Manon des Sources » de Claude Berri d’après Marcel Pagnol, Yves Montand fut profondément touché par le décès de Simone Signoret, alors âgée de soixante-quatre ans. Il mit ensuite sa carrière en berne et eut une liaison avec son assistante, Carole Amiel, recrutée pour la tournée de 1982. Elle donna naissance le 31 décembre 1988 à Valentin Montand, le premier enfant d’Yves, alors âgé de soixante-sept ans.

En 1988, dans la comédie musicale « Trois places pour le 26 », Jacques Demy lui fit interpréter son propre rôle.

Le 9 novembre 1991, Yves Montand décède d’un infarctus du myocarde à l’âge de 70 ans, le lendemain du dernier jour de tournage du film « IP5 » de Jean-Jacques Beineix, film à la fin duquel son personnage lui aussi, étrange coïncidence, meurt d’une crise cardiaque. Il meurt à l’hôpital de Senlis et fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise aux côtés de Simone Signoret, la seule femme à laquelle il fut marié.

Le nom d’Yves Montand est indissociable du cabaret, du théâtre, du cinéma et de la chanson. Il était l’incarnation d’une époque où la place de l’artiste était prépondérante. Il était un immense « One-man show » et un comédien de très grand talent.

 

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