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La petite chronique de Mo

"Une Ville, des Mémoires"

dimanche 25 avril 2010, par Mo

Second festival vaudais pour une appartenance commune : une ville et ses identités.

Près du buffet de la soirée inaugurale, dans un coin du cinéma Les Amphis , un diaporama géant fait défiler des images de chantiers, une ZUP émerge au milieu d’un champ de cardons, une immense cheminée d’usine s’écroule avec majesté, un centre commercial tout neuf s’étend en guise de centre-ville et le Bachelard s’effondre dans une nuée de poussière... l’écume des années, la marée des souvenirs, des gens regardent l’écran, personnes de tous âges et de toutes origines, ils commentent leurs particularités.
Le festival Une Ville, des Mémoires a été créé en 2009 à l’initiative de la commune pour que " l’histoire des gens ordinaires retrouve les traces des grands événements de la Nation".

En marge des commémorations du 24 avril (génocide arménien), 25 avril ( journée de la déportation), 8 mai ( victoire de 1945) et 10 mai ( abolition de l’esclavage), les habitants de la ville sont conviés à des veillées, lectures, spectacles, concerts, expos sur le thème de la mémoire locale.

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photo moZique
Daniel PELLIGRA, réalisateur de "Ça commence demain".

Un film, « Ça commence demain » réalisé par l’anthropologue Daniel Pelligra, sera le fil conducteur de ces soirées, ouvrant le débat chaque fois dans des lieux différents.

Cette œuvre raconte la quête de trois jeunes lycéens du Lycée Doisneau, à la recherche de racines prestigieuses, l’Empire romain, ou l’Empire Maya, quelque chose de géant, identifié et remarquable. Ensemble ils découvrent le noms des rues et s’interrogent sur le passé, rencontrent l’archiviste, les témoins de la légendaire usine TASE, les résistants, les maraîchers... Rien de très ancien, pas la grande Histoire, pas d’ancêtres de renom. Et cependant, le passé, même récent, revêt une extrême importance pour ceux qui le content à travers la lanterne magique de leur mémoire individuelle.

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photo moZique
Une usine classée...
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photo moZique
La tour delphinale, en attente de classement depuis...les années trente !

Miroir déformant de l’épopée familiale, échelle trompeuse de l’âge : un canal peut se transformer en fleuve Amazone, un marécage en pâturage pour dinosaures ou une tour delphinale en forteresse médiévale, comme dans l’imaginaire du peintre Boniface Ngueho qui peint sa toile tout le long du film.

Au cours de cette enquête, les jeunes découvrent dans un registre paroissial du 17ème que "Vaulx était en terre chrétienne"... que l’antagonisme Nord-Sud ( le village et la Soie) était déjà une réalité... que les émeutes de 90 ont laissé bien des cicatrices... que tant de cultures se superposent dans l’inconscient vaudais !

Le réalisateur a voulu un film posant plus de questions qu’il n’apporte de réponses : " ce sont les spectateurs qui inventeront la suite", car il s’agit bien à présent de savoir à quoi sert la mémoire, "que conserver ? réhabiliter ou garder trace ? Comment trier, Pour qui ? Le poids de la gloire passée, n’est-il pas un peu encombrant pour les générations présentes ? Connaître, comprendre, oui... mais avec un pied dans l’avenir."

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photo moZique
Le jeunes acteurs du film, lycéens à Doisneau.

«  Ça commence demain », est le titre de cette fiction de 50 mn.

A voir encore le 28 avril à 20h au centre social le Grand Vire.

Le 30 avril à 20h au centre social Georges Lévy et au centre social et culturel Jean et Joséphine Peyri.

Programme et renseignements sur www.vaulx-en-velin.com

Direction de la Vie Associative : 04 78 80 44 35


Théâtre "Oubli[é]s, par la Nième Compagnie, le 6 mai à 20h30 aux Amphis.

Soirée contée par les habitants du Mas le 7 mai à 19h30 au centre social Le Monde Réel.

Conférence dansée "sacrés tambours, tambours sacrés" aux Amphis le 10 mai à 19h. Sur le thème d’esclavage et patrimoine immatériel mondial.