Radio Pluriel
La petite chronique de Mo

Le piano à Vaulx Jazz Festival...

jeudi 25 mars 2010 par Mo

... un même instrument deux propositions esthétiques, pas mal pour une seule soirée !

Giovanni Mirabassi est un pianiste rare...un prince italien, roi de la ballade, né avec un piano au bout des doigts. Oui, oui, c’est possible ou presque ! Il a grandi en tout cas avec un piano dans le salon, autodidacte, amateur éclairé jusqu’à 21 ans. Mais dit-il " j’ai toujours voulu être professionnel ! Il fallait que je trouve un pays décent... Paris à cette époque était une plaque tournante du jazz en Europe : Sydney Bechet, Bud Powell, Django et tant d’autres y sont passés..." C’est donc là qu’il s’installe pour faire son trou. Italo-parisien, il est devenu une figure du jazz pianistique européen. Ceci étant posé, quelle soirée allait-il réserver ?

JPG - 269.3 ko
photo moZique
Mirabassi/Renzi/Parker

Premier délice pour moi, qui ne suis spécialiste de rien, son jeu extrêmement fluide, d’une grande pureté, des mélodies claires, il est lyrique en toute simplicité.

Second plaisir : celui de découvrir ces personnalités. Le romain Gianluca Renzi et sa contrebasse réduite à l’essentiel (les cordes) déroule sur trois notes une longue toile solide, aux reflets changeants. Il s’en contente, ils soutient l’ensemble, il est heureux... son sourire communicatif. Leon Parker magnifique batteur made in U.S.A 100% naturel : un disque de métal et une baguette de bois lui suffisent pour découper le temps en myriades d’étincelles multicolores. Chez lui le silence est un cœur qui bat, un bout d’Afrique peut-être ? Giovanni Mirabassi se plait à jouer de tout : standards ou chansonnettes il crée des mondes avec trois fois rien... dix doigts et le sourire noir et blanc d’un piano dans la pénombre.

Enfin, le bonheur d’un trio idéal : ils se confient, se défient, se lient et se délient... la musique passe de leurs regards à leurs mains et ça irradie jusque dans la salle : ils font bien plus que jouer ensemble, ils sont sur la même longueur d’ondes sonores, indissociables ainsi que les tranches d’un arc-en-ciel. Chacun affirme sa couleur et se fond dans l’autre.

Trop court ce set ; il me reste au fond des yeux et des oreilles l"impression d’un moment suspendu, lumineux, intense.

En deuxième partie de soirée, un autre pianiste doué, incontestablement. Enfant prodige et prodigieux, on entend bien que le piano est pour Tigran Hamasyan une vieille connaissance : virtuose il en fait ce qu’il souhaite, lustre de cristal ou boîte à rythme, il embarque le public dans le Caucase express, rock balkanique, samba du Bosphore au menu...

JPG - 441.3 ko
photo moZique
Tigran Hamasyan

Beaucoup de place pour lui, il est à la fois le cœur de la centrale nucléaire et l’énergie qui en sort. Du coup, "Aratta Rebirth" manque de cohérence et de maturité, c’est brouillon - comme la jeunesse - mais l’enthousiasme ne suffit pas toujours à mener des projets jusqu’au bout. Pour renaître, encore faut-il s’être fait, avoir vécu des vies... et jouer en quintet demande de s’abandonner aux autres... contrairement au Trio Mirabassi qui l’a précédé sur scène dans une parfaire unité, il y a Tigran Hamasyan ET son quartet.

Enfin, c’est ce que j’en dis... je ne suis spécialiste de rien, comme je l’ai écrit plus haut : je n’ai que mes yeux et mes oreilles. Autour de moi il y avait des connaisseurs enthousiastes, alors... bon !

www.avaulxjazz.com

www.centrecharliechaplin.com

Un mardi soir prochain, dans BUZZIQUE, Arnaud BonPublic s’entretient avec Giovanni Mirabassi.

JPG - 809.8 ko
photo moZique
Arnaud BonPublic / Giovanni Mirabassi

Accueil du site | Contact | Plan du site | Espace privé | Statistiques | visites : 998033

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site LES EVENEMENTS   ?

Site réalisé avec SPIP 1.9.2d + ALTERNATIVES

Creative Commons License