Radio Pluriel

‘Le Concert’

‘Jamais rien n’est perdu…’

jeudi 5 novembre 2009 par Léo

De : Radu Mihaileanu.

Avec Mélanie Laurent, Aleksei Guskov, Dimitry Nazarov , François Berléand Miou-Miou, Lionel Abelanski

Durée : 2h.

Sortie le mercredi 4 novembre 2009

Sous l’ère Brejnev, l’Union Soviétique était aussi connue dans le monde entier pour son orchestre du Bolchoï, ces musiciens pouvaient parcourir le monde et représenter ce pays ‘ouvert’, cet orchestre avait la bénédiction du pouvoir dans ce sens.

Radu Mihaileanu, nous montre une partie romancée de cette liberté… Le film s’ouvre sur le concerto pour violon de Tchaïkovski. L’orchestre joue et un homme dirige le tout.

Cet homme en fait ne dirige rien du tout, il est ‘homme’ de ménage, il est au balcon et son téléphone sonne et perturbe la répétition qu’il regardait et dirigeait dans sa tête…

(Piotr Ilitch Tchaïkovski est né le 7 mai 1840 et est mort le 6 novembre 1893)

(Pour l’anecdote, pour ce concerto il y a besoin de : 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes (en la), 2 bassons, 4 cors (en fa), 2 trompettes (en ré), 1 violon soliste, premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contre, timbales).

Cet homme n’est autre que Andreï Filipov (Aleksei Guskov), le plus grand chef d’orchestre que l’Union Soviétique ait pu connaître, spécialiste de Tchaïkovski.

Il a perdu son poste, car il a refusé d’évincer les musiciens juifs de l’orchestre…

Le directeur du Bolchoï lui ordonne de reprendre son travail et plus particulièrement son bureau et les pieds de celui-ci.

Andreï Filipov, à quatre pattes astique les pieds du bureau, quand le téléphone sonne, il se relève discrètement, il est seul, c’est un fax. Ce dernier demande si l’orchestre peut venir à Paris, au Châtelet pour des représentations.

Il subtilise le fax, appelle son copain, Sacha (Dimitry Nazarov) musicien et juif, qui n’a pas retravaillé dans la musique depuis des siècles, il est chauffeur d’ambulance et lui dit que ce sont eux, qui vont partir pour Paris…

Pour cela il faut de l’argent, des musiciens et des visas pour quitter la Russie…

Andreï Filipov, se paye le luxe d’aller demander à celui qui l’a brisé, l’ancien chef du KGB, d’organiser ce déplacement et de s’occuper de la tournée.

A la surprise générale, il accepte et fait des pieds et des mains pour mettre sur rails ce voyage à Paris. Pendant ce temps, Andreï Filipov, lui, récupère ses anciens musiciens tous devenus, soit maçons, soit retraités, soit vendeurs, certains ont repris leur quête du voyage, etc.

Après moult préparatifs, visas pas prêts ou factices, le car ne vient pas les chercher pour les emporter à l’aéroport.

Après mille péripéties, l’avion décole pour Paris.

Une fois dans la capitale de la France, les anciens qui sont déjà venus, veulent manger dans le restaurant qu’ils avaient connu à l’époque et qui n’existe plus…

D’autre veulent le cachet avant la représentation, enfin mille maux, qui font patiner le film.

Le concert aura bien lieu, avec un succès sans nom…

Le moment vraiment émouvant du film.

Radu Mihaileanu, réalise un film poussif, le début et la fin sont remarquables, le reste est très essoufflé pour arriver là…

Plus cette histoire de fille prodigue, de femme déportée, de nounou revêche, de chef d’orchestre revanchard et humain en même temps. Radu Mihaileanu, s’époumone à vouloir faire sortir ces russes de Russie, pour les montrer dans Paris (avant le concert), presque comme des animaux que l’on relâche dans la nature. C’est pitoyable…

La satisfaction du film arrive avec l’interprétation de certains protagonistes, je pense à Aleksei Guskov (né le 20 mai 1958), Dimitry Nazarov, François Berléand (né le 22 avril 1952 à Paris), sans être machiste les femmes rament dans ce film, aussi bien Miou-Miou, que Mélanie Laurent, leur rôle est trop empathique, pour être réellement intéressant.

Radu Mihaileanu est né le 23 avril 1958 à Bucarest.

Il est réalisateur, scénariste, producteur.

Radu Mihaileanu est le fils de Mordechaï Buchman, journaliste juif et communiste, déporté en camp de travail par les Nazis, et qui, après s’être évadé, choisit de changer d’identité, c’est sous non nouveau nom, Ion Mihaileanu, qu’il écrit le scénario d’un film de Pintilie. Animateur d’une troupe de théâtre en Roumanie, Radu Mihaileanu fuit la dictature de Ceaucescu en 1980 et migre vers Israël, avant de s’installer en France. Elève à l’IDHEC, il travaille dans les années 80 comme monteur, puis assistant réalisateur, notamment auprès de Marco Ferreri, tout en signant parallèlement une poignée de courts métrages.

En 1993, Radu Mihaileanu tourne son premier long métrage, ‘Trahir’, qui conte les démêlés d’un poète roumain dissident avec le régime stalinien. Mais c’est avec son deuxième opus, ‘Train de vie’, primé à Venise et Sundance, que le cinéaste accède à la reconnaissance internationale.

Les thèmes chers au cinéaste, l’exil, l’identité, sont au coeur de son troisième film, ‘Va, vis et deviens’, très remarqué au Festival de Berlin.

Son film fait trop le ventre mou pour être intéressant d’un bout à l’autre, l’idée de départ est pourtant bonne, mais les Russes ont trop souffert et souffrent encore pour les faire passer pour des demeurés qui pensent plus à leurs egos, que réellement à leur vie en Russie et en dehors.

Dommage…

Sortie le mercredi 4 novembre 2009.

Filmographie de Radu Mihaileanu :

Trahir 1992

Train de vie 1998

Va, vis et deviens 2005

Opération Moïse 2007

Le Concert 2009

Sources : Détails de l’orchestre et bio de Piotr Ilitch Tchaïkovski, Wikipédia.

Filmographie et bio de Radu Mihaileanu ; Allo Ciné.


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