Radio Pluriel

‘Detachment’

‘De l’école à la vie’

mardi 31 janvier 2012 par Léo

De : Tony Kaye.

Avec : Adrien Brody, Marcia Gay Harden, James Caan, Christina Hendricks, Lucy Liu, Blythe Danner, Tim Blake Nelson, Bryan Cranston, William L. Petersen, Betty Kaye.

Durée : 1h40.

Festival du Cinéma Américain de Deauville 2011.

Prix de la critique internationale Deauville 2011.

Festival international du film de Tokyo 2011.

Prix de la meilleure contribution artistique Tokyo 2011.

Festival ‘2 cinéma’ de Valenciennes 2011.

Grand Prix du jury Valenciennes 2011.

Prix du public Valenciennes 2011.

Sortie le mercredi 1er février 2012.

Tony Kaye réalise un film difficile, il nous entraîne dans les méandres d’un lycée de redoublants dans la banlieue new-yorkaise.

Henry Barthes (Adrien Brody) pense être revenu de tout, on lui demande de faire un remplacement de quelques semaines dans un lycée, réputé pour son indiscipline, sa rébellion et la faiblesse scolaire des élèves.

Il arrive et pense qu’avec un peu de sagesse et de patience, il arrivera à ses fins, le problème est qu’il est en face de gens qui ne comprennent rien, même pas son humour pour détendre l’atmosphère, uniquement le dialogue de la vulgarité.

Donc il aborde le côté grossièreté verbale, par la diplomatie et l’esprit face à la violence physique.

Doucement, très doucement la pression retombe, tout le monde prend insensiblement conscience qu’il est là pour un moment, que la vie active les attend au tournant, pour leur mettre le nez dans la réalité.

Un soir, il est appelé d’urgence. Son grand père est enfermé dans les toilettes de sa maison de repos et refuse d’ouvrir la porte, il arrive à calmer le jeu, remettre le grand père dans son lit et rentre chez lui complètement épuisé, abattu.

Dans le bus retour, il est témoin d’une agression sexuelle envers une jeune fille, plutôt consentante, la scène se déroule sous ses yeux sans qu’il bouge le petit doigt.

A la descente du bus, la jeune fille l’interpelle et lui demande pourquoi il n’est pas intervenu, il lui demande de lui foutre la paix et de le laisser rentrer tranquille, qu’il a eu une journée éprouvante et la tête complètement ailleurs.

Le lendemain il re-rencontre cette jeune fille qui fait le trottoir, elle lui demande une cigarette, qu’il lui donne volontiers et là, il s’aperçoit qu’elle est complètement marquée par des coups et des brûlures de cigarettes. Il l’emmène chez lui, la désinfecte et l’héberge pour la nuit. Au matin il la laisse dormir et part pour le lycée.

Sarah Madison (Christina Hendricks), pense pouvoir s’installer chez Henry quelques temps, elle lui fait son ménage, met la table, prépare un dîner pour le soir…

Henry dans un premier temps est surpris de son attitude, il ne pensait pas qu’elle soit capable de s’occuper d’un intérieur.

Le souci est que Sarah s’incruste totalement dans la vie d’Henry.

La séparation n’en sera que plus dure et déchirante.

Ces trois semaines de remplacement vont lui apporter un regard différent sur une population et une faune qu’il croyait connaître et dont il ignorait totalement les règles.

Ce film est une porte ouverte et un regard sur une population totalement oubliée. Les marginaux.

Car les élèves sans une écoute et cette approche différente de leur professeur, sont plus enclins à faire régner la loi de la jungle, qu à apprendre quoi que ce soit.

Leur marginalité est plus propice à la débrouillardise et à la lutte de tous les instants, qu’à la vie intellectuelle que ce professeur leur propose, pour justement les sortir de l’ornière.

Tony Kaye, donne le meilleur pour que son film sorte des sentiers ordinaires, car ce genre de films tombe très vite dans le narcissisme, l’indifférence et le pathos, l’interprétation et surtout Adrien Brody et Christina Hendricks sont prodigieux, car chacun à leur tour porte totalement le film et quand ils sont ensemble c’est presque la perfection. Tony Kaye, apporte aussi comme dans ses films précédents une pointe de réalisme et de véridique, ce qui donne au film plus de prise sur l’authenticité du réel.

Pas un chef d’œuvre, mais un film plus qu’honnête et sensible, qui ne laisse pas indifférent et pose des questions.

Tony Kaye est né en 1952 à Londres.

Il est acteur, réalisateur, musicien.

Tony Kaye est un cinéaste rare, très engagé pour des causes nobles, telles que l’avortement aux Etats-Unis, excellent documentaire ’The Lake of Fire’ produit par ses propres moyens, un film choc au moment de sa sortie et que les autorités et les ouailles bien pensantes aux Etats-Unis ont modérément apprécié, voir boycotté.

Tony Kaye ne s’arrête pas là, il réalise des publicités et des clips pour Roger Waters, Johnny Cash, pouvoir rester libre.

Le choc est quand il réalise son premier long métrage ‘American History X’ en 1998, sur le racisme ordinaire et la montée du nazisme aux Etats-Unis, quand un fils veut venger la mort de son père, tué par un noir américain, film choc, film dur, qui réveille les consciences et donne du recul sur le racisme et le désoeuvrement.

Tony Kaye vient de recevoir à Deauville le prix de la critique internationale, pour ‘Detachment’ au lieu d’un long discours sur scène il est venu avec sa guitare et a chanté l’une de ses compositions. Original.

Retenez bien ce nom, Tony Kaye, qui n’est pas de la dernière pluie, mais pas très connu du grand public.

Sortie le mercredi 1er février 2012.

Filmographie de Tony Kaye :

1995 : Tony Kaye’s Documentary (série télévisée)

1998 : American History X

2000 : The Lake of Fire (Documentaire)

2002 : Snowblind

2006 : Lake of Fire

2007 : Lobby Lobster

2009 : Black Water Transit

2011 : Detachment

Source : Dossier de Presse.


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