Radio Pluriel
La petite chronique de Mo

A Vaulx, jeudi soir rouge et noir avec des étoiles partout...

vendredi 19 mars 2010 par Mo

Le festival A Vaulx Jazz commence par la nuit métisse, une couleur qui va bien à Vaulx, qui va bien au jazz en particulier et à la musique en général. Apparemment, le public était de cet avis.

Deux parties très contrastées pour ces deux sets sud américains. D’abord, arrive Melingo, sa démarche chaloupée de marlou ou de gaucho, on ne sait d’où il sort... peut-être du cœur d’un bandonéon ! Ses yeux noirs irradient comme des braises, sous le chapeau de padrone. Sa voix est une rude caresse, âpre comme un alcool interdit, ses mots luisent dans le noir, on dirait des lames : il chante des rêves qui rendent fou pour les cartoneros de Buenos Aires. Il chante un pays où même la joie est triste, son chant et celui de ses compañeros est grave, il sourd des profondeurs mâles, sulfureuses de tous les barrios mal famés. Melingo, voyou élégant et sentimental fait danser l’Amour et la Mort sur la même milonga... il pleure des larmes de champagne dès qu’il entend le souffle d’un bandonéon.

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photo moZique
Melingo, gaucho des barrios de Buenos Aires...

Mention spéciale au contrebassiste, Romain Lécuyer qui fait sonner son instrument tel un tambour sauvage très ancien et à Roberto Guerra qui transforme scie et même banjo ( !) en instrument de musique poétique.

Le temps d’un petit changement de plateau et voilà la estrella cubana madame Omara Portuondo qui d’abord dit merci Gracias au public. Séductrice, touchante, puissante, tendre, énergique on ne lui résiste pas. Cette grande artiste donne ici une leçon de musique et de simplicité. Elle pourrait exploiter le fonds Buena Vista Social Club le public ne demanderait pas mieux, mais elle poursuit son chemin avec ses choix, ses chansons, ses sources d’émotion. Reprises, compos, tradition, création, elle avance et ouvre toujours des voies possibles avec cette passion de transmettre chevillée au corps ; celle aussi de faire connaître les musiciens de son pays. Il suffit de voir comme elle les nomme, comme elle leur sourit, comme elle les porte : quelle tendresse pour les jeunes générations !

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photo moZique
Omara Portuondo sur la scène de Chaplin/A Vaulx Jazz

Tous excellents au demeurant, Harold Lopez Nussa est un pianiste plus que prometteur. Ils connaissent leur chance d’être avec elle sur scène, elle mesure aussi la sienne de les avoir là : c’est un échange d’énergie unique. Un vrai bonheur à partager... Il fut complet lorsqu’Omara revint sur scène au bras de son guitariste Swami Junior juste pour fredonner avec la salle Besa me mucho et un p’tit air de Piaf.

Soirée simple, populaire dans ce festival qui a une âme . Demain ça recommence et samedi aussi.. après faudra attendre mardi ; mais dès dimanche, le Pathé du Carré de Soie continue Jazz et cinéma avec Autour de minuit, film de Bertrand Tavernier.

Tous les programmes sur www.avaulxjazz.com

Et à suivre dans BUZZIQUE sur Radio Pluriel avec Arnaud Bonpublic...


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