Emissions des 1er et 2 juillet 2017

Je vous propose ce week-end dans le cadre des Emissions « Croisière Romantique » de vous emmener sur les bords de la Seine et de la Marne et jusqu’à Nogent-sur-Seine et Robinson au rythme des guinguettes et de rendre hommage à Fréhel à l’occasion du 66ème anniversaire de sa disparition.

Quelques grands succès du temps des guinguettes :

– Jack Lantier : Le doux caboulot (chanson créée en 1931)
– Damia : La guinguette a fermé ses volets (1935)
– Lys Gauty : Ca sent la friture (1935)
– Jean Gabin : Quand on se promène au bord de l’eau (1936) du film « La belle équipe »
– Suzy Solidor : La tonnelle des amoureux (1936)
– Guy Berry : On ouvre demain (1937)
– Lucienne Boyer : C’est à Robinson (1937) de l’opérette « La belle saison »
– Georgette Plana : Là où il y a des frites (chanson créée en 1938)
– Tino Rossi : Au bal de l’amour (1938) du film « Lumières de Paris »
– Maurice Chevalier : Ca s’est passé un dimanche (1939)
– Lina Margy : Ah ! le petit vin blanc (1943)
– Suzy Delair : La valse d’un dimanche (1943)
– Yves Montand : Ma gosse, ma p’tite môme (1947)
– Darcelys : Casquettes blanches (1948)
– Claude Robin : Pour qu’une guinguette (1948) de l’opérette « Quatre jours à Paris »
– André Claveau : Les demoiselles de Robinson (1951)
– Annie Cordy : Viens à Nogent (1954)
– Bourvil : A Joinville-le-Pont (1952)
– Francis Lemarque : La guinguette au bord de l’eau (1958)
– Philippe Clay : La java de la Varenne (1961)
– Alain Barrière : Les guinguettes (1966)

et bien d’autres encore…

Histoire des guinguettes :

Une guinguette était à l’origine un cabaret populaire de la banlieue parisienne où l’on pouvait se restaurer et danser. Ce type d’établissement se développa par la suite un peu partout en France.

On trouve des guinguettes sur les bords de la Seine et de la Marne, et certaines jusqu’à l’entrée de Rouen.

Le développement du chemin de fer et la création de la gare de la Bastille avec de nombreux trains vers la banlieue Est de Paris est pour beaucoup dans le succès des guinguettes éloignées de la capitale. Il y avait des guinguettes par centaines jusqu’à Nogent-sur-Seine, mais également à Robinson dans le Sud de Paris et desservi par la ligne de Sceaux.

Les guinguettes furent un éminent sujet de peinture à la fin du XIXème siècle et première moitié du XXème siècle.

L’interdiction de la baignade dans les rivières a provoqué le déclin des guinguettes. Cette interdiction était motivée par des motifs d’hygiène (qualité de l’eau dégradée dans les années 1960-70) et de sécurité (risques dus au trafic des péniches et noyade). Dans les années 1960, elles passent dans le domaine de la nostalgie.

Quelques grands succès de Fréhel :

– C’est un petit bal musette (1936)
– Comme un moineau (1925)
– Dans une guinguette (1934)
– Je n’attends plus rien (1933)
– La der des der (1939)
– La java bleue (1939)
– La valse à tout le monde (1936)
– La vraie valse des guinguettes (1927)
– Le grand Léon (1933)
– Musette (1932)
– Où est-il donc ? (1938) du film « Pépé le Moko »
– Où sont tous mes amants ? (1935)
– Rien ne vaut l’accordéon (1935)
– Tel qu’il est (1936)

Coup de cœur et hommage à Fréhel :

Marguerite Boulc’h, dite Fréhel, était née à Paris, au numéro 2 du boulevard Bessières, le 13 juillet 1891. Elles est décédée à Paris le 3 février 1951. Fréhel était une chanteuse qui a marqué la période de l’entre-deux-guerres.

La jeune Marguerite était la fille d’un couple de bretons originaire de Primel-Trégastel, hameau de la commune de Plougasnou dans le Finistère. Son père Yves Marie Boulc’h était un ancien cheminot devenu invalide suite à un accident de travail. Il avait perdu un bras happé par une locomotive. Sa mère, Marie-Jeanne Daniel était concierge. L’enfance de la jeune Marguerite se passe dans les quartiers les plus populaires de Paris.

A l’âge de quinze ans, elle est vendeuse de cosmétiques de porte à porte. Son travail lui permet de rencontrer la Belle Otero, artiste alors adulée, qui admire son audace et ses formes ainsi que sa voix particulière. Elle lui propose de chanter sous le nom de «Pervenche».

Le 28 novembre 1907, elle épouse un jeune comédien amateur de music-hall Robert Hollard connu sous le pseudonyme de Roberty. Le couple donne naissance à un enfant qui meurt en bas âge, et la jeune mère est rapidement abandonnée par son séduisant compagnon qui lui préfère la chanteuse Damia. Leur divorce est prononcé le 13 juin 1910. Elle noue ensuite une relation de courte durée avec Maurice Chevalier, qui va également la quitter pour Mistinguett.

Son répertoire « réaliste » commence à la faire connaître entre 1908 et 1910.

Bien qu’auréolée de succès, Fréhel (ainsi surnommée désormais en référence au cap breton du même nom) fuit une vie sentimentale désastreuse et finit par plonger dans l’alcool et la drogue. Elle quitte la France pour l’Europe de l’Est et la Turquie, d’où l’ambassade de France la rapatrie dans un état lamentable en 1923.

En 1925, Fréhel remonte sur les planches de l’Olympia pour le plus grand plaisir d’un public qui ne se lasse pas de ses couplets réalistes. Son physique méconnaissable, suite à ses nombreux abus lui ouvre paradoxalement les portes du cinéma. Elle tourne notamment dans « Cœur de lilas » en 1931, « Le roman d’un tricheur » en 1936, sans oublier « Pépé le Moko » en 1936, où elle interprète la célèbre chanson « Où est-il donc ? » et « La maison du Maltais » en 1938.

Le 30 avril 1935, elle épouse à Paris Georges Boettgen.

En 1950, Fréhel retrouve son public dans une ancienne salle de bal « Les Escarpes » située près de la place de la Contrescarpe dans le 5ème arrondissement de Paris. Ce seront les dernières apparitions publiques de la chanteuse.

Fréhel ne se relèvera jamais de ses drames passés. C’est dans une chambre sordide d’un hôtel de passe, au 45 de la rue Pigalle, qu’elle meurt seule le 3 février 1951. Une foule importante assistera à son enterrement. Elle est inhumée au cimetière de Pantin.

Fréhel nous laisse le souvenir d’une chanteuse réaliste. Il nous reste ses nombreux enregistrements gravés de 1908 à 1939. Son dernier disque fut « La java bleue » qui reste l’un de ses plus grands succès.

 

 

 

 

 

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