Emissions des 7 et 8 avril 2018 :

Je vous propose ce week-end dans le cadre des Emissions « Croisière Romantique » de rendre hommage à Jean Ferrat à l’occasion du 8ème anniversaire de sa disparition et à Michèle Arnaud à l’occasion du 20ème anniversaire de sa disparition.

Quelques grands succès de Jean Ferrat :

– Aimer à perdre la raison (1971)
– C’est beau la vie (1963)
– C’est si peu dire que je t’aime (1965)
– C’est toujours la première fois (1965)
– Deux enfants au soleil (1968)
– Heureux celui qui meurt d’aimer (1966)
– Hourrah ! (1964)
– L’amour est cerise (1980)
– La femme est l’avenir de l’homme (1975)
– La fête aux copains (1962)
– La montagne (1964)
– Le châtaignier (1985)
– Le p’tit jardin (1962)
– Les belles étrangères (1965)
– Les cerisiers (1985)
– Les lilas (1970)
– Les saisons (1972)
– Ma France (1969)
– Ma môme (1968)
– Nous dormirons ensemble (1964)
– Nuit et brouillard (1963)
– Nul ne guérit de son enfance (1991)
– On ne voit pas le temps passer (1980)
– Oural ouralou (1980)
– Potemkine (1965)
– Que serais-je sans toi ? (1964)
– Regarde-toi Paname (1960)
– Tu aurais pu vivre (1991)
– La matinée (1969) en duo avec Christine Sèvres

Hommage à Jean Ferrat :

Jean Ferrat était né Jean Tenenbaum le 26 décembre 1930 à Vaucresson (en Seine-et-Oise). Il est décédé le 13 mars 2010 à Aubenas en Ardèche. Jean Ferrat était un musicien auteur-compositeur-interprète français.

Son père était un artisan joaillier qui avait émigré de Russie en France en 1905. Sa mère était ouvrière dans une entreprise de fleurs artificielles. Jean, ses parents et ses frères et sœur Pierre, André et Raymonde s’installent à Versailles en 1935.

Jean est fortement marqué par l’occupation allemande. Il n’a que onze ans lorsque son père est enlevé avant d’être déporté à Auschwitz. Jean Ferrat évoquera cet enlèvement dans la chanson « Nul ne guérit de son enfance ». Jean et sa famille se réfugient en zone libre, à Font-Romeu.

A la fin de la guerre, Jean quitte le collège pour aider financièrement sa famille. Il est sans diplôme ni expérience. Il est embauché comme aide-chimiste et prend des cours du soir. Tout en continuant ses études, il s’intéresse au théâtre. En 1954, désireux de se consacrer pleinement à la vie artistique, il renonce définitivement au métier de chimiste.

Dès lors, il entre dans une troupe de comédiens et commence à composer quelques chansons. Il devient guitariste dans un orchestre de jazz. Voulant se consacrer exclusivement à la musique, il passe quelques auditions, sans grand succès, sous le nom de Jean Laroche.

En 1956, il met en musique « Les yeux d’Elsa » sur un poème de Louis Aragon. C’est André Claveau qui va interpréter avec succès cette chanson. Jean commence à être connu. Il se produit dans un cabaret parisien « La Colombe » en première partie de Guy Béart.

En 1959, il rencontre Gérard Meys, qui va devenir son ami et éditeur. Il va rapidement prendre le pseudonyme de Jean Ferrat. Il rencontre également Alain Goraguer qui va devenir l’arrangeur de ses chansons ainsi que le photographe Alain Marouani qui le suivra tout au long de sa carrière. La carrière de Jean Ferrat est d’ores et déjà lancée. Une carrière qui va être émaillée de difficultés en raison de la censure exercée par les dirigeants des radios et de la télévision. En effet, Jean Ferrat était un chanteur engagé à l’esprit libre. Il écrivait ses propres textes et mettait en musique ceux de ses amis paroliers ou poètes comme Henri Gougaud, Georges Coulonges ou encore Guy Thomas.

C’est en 1962, qu’il fait la connaissance d’Isabelle Aubret. C’est un véritable coup de foudre amical entre les deux artistes. Jean Ferrat lui propose la première partie de la tournée qu’il commence. Isabelle Aubret interprète « Deux enfants au soleil », une chanson écrite par Claude Delécluse et dont Jean Ferrat a composé la musique. Au début des années 1960, il compose, sur des paroles de Michelle Senlis, une chanson qui sera réécrite partiellement dans les années 1970 et qui va devenir un énorme succès : « Mon vieux ». Cette chanson sera interprétée par Daniel Guichard.

En 1963, il compose la musique de « C’est beau la vie », une chanson écrite par Michelle Senlis pour Isabelle Aubret à la suite de son accident de voiture. La même année, Jean Ferrat enregistre « Nuit et brouillard » en hommage aux victimes des camps de concentration. Cette chanson sera un grand succès auprès du public et recevra le grand prix du disque de l’Académie Charles-Cros.

En 1964, c’est avec « La montagne » et « Que serais-je sans toi » qu’il confirme son succès naissant auprès du public. Dans les années 60, il enregistre de nombreux succès comme « Les belles étrangères » et « Potemkine » en 1965, « Ma môme » en 1968 ainsi que « Ma France » en 1969.

Dès ses débuts, Jean Ferrat compose des chansons engagées et poétiques. Jean Ferrat a notamment mis en musique de nombreux poèmes de Louis Aragon. Il a toujours cherché à donner à ses chansons une signification militante derrière le texte populaire.

Dans les années 1970, Jean Ferrat se fait plus rare et chaque nouvel album est un véritable événement. C’est en 1971 qu’il enregistre « Aimer à perdre la raison ».

En 1972, il fait, au Palais des Sports de Paris, ses adieux à la scène.

En 1973, il s’installe définitivement à Antraigues-sur-Volane, où il possède une maison depuis 1964. A partir de ce moment, ses apparitions télévisées sont très rares. Michel Drucker est l’un des rares à l’inviter dans ses émissions. Il lui consacre un « Stars 90 » en 1991 et le reçoit dans l’émission « Vivement dimanche » en 2003.

Jean Ferrat meurt le 13 mars 2010 à l’hôpital d’Aubenas. Il est inhumé le 16 mars au cimetière communal d’Antraigues-sur-Volane près de son frère André.

Jean Ferrat a connu un grand succès aussi bien critique que populaire tant sur la qualité de ses compositions que sur ses prises de positions sociales et politiques. Il était à la fois un chanteur engagé et un poète. Ses magnifiques chansons à textes et notamment les nombreux poèmes de Louis Aragon et Guillaume Appolinaire qu’il avait mis en musique resteront à jamais dans la mémoire collective.

Quelques grands succès de Michèle Arnaud :

– C’était peut-être l’amour (1961)
– En amour (1957)
– Je t’aime (1958)
– Le bleu de l’été (1960) du film « Alamo »
– La chanson des vieux amants (créée par Jacques Brel en 1967)
– La complainte des infidèles (1952) du film « La maison Bonnadieu »
– La grammaire et l’amour (1966)
– La recette de l’amour fou (1957)
– La rue s’allume (1957)
– La valse des lilas (créée par Michel Legrand en 1964)
– L’île Saint-Louis (1951)
– Marjolaine (1957)
– Ne crois pas (1956) – Eurovision (Luxembourg)
– Ne vous mariez pas les filles (1964)
– Sa jeunesse (créée par Charles Aznavour en 1959)
– Sans l’amour de toi (1957)

Hommage à Michèle Arnaud :

Michèle Arnaud, était née Micheline Caré à Toulon le 18 mars 1919. Elle est décédée à Maisons-Laffitte (Yvelines) le 30 mars 1998. Michèle Arnaud était une chanteuse et productrice de télévision française. Elle était la mère du chanteur Dominique Walter et de la photographe Florence Gruère.

Après avoir vécu un temps à Cherbourg, elle s’installe à Paris pour étudier la littérature à la faculté des lettres et suivre des cours de droit à l’école libre des sciences politiques. Elle obtient deux certificats de licences de philosophie. Parallèlement, elle fréquente avec assiduité des cabarets tels que « Le Tabou » et « La Rose rouge ».

Michèle Arnaud débute dans la chanson en 1952 au cabaret « Milord l’Arsouille » dont le directeur était son époux Francis Claude. Elle y interprète notamment « L’Île Saint-Louis », sur une musique de Léo Ferré et des paroles de Léo Ferré et de Francis Claude.

En 1952, elle obtient le Grand prix de la chanson française de Deauville avec le titre « Tu voulais ».

En 1956, Michèle Arnaud représente le grand duché du Luxembourg au premier Concours Eurovision de la chanson avec deux titres, « Ne crois pas » et « Les amants de minuit ». Parallèlement, elle est la vedette permanente du cabaret « Milord l’Arsouille ». Dans son tour de chant, elle est accompagnée au piano par Jacques Lasry et, à la guitare, par un certain Serge Gainsbourg qui est pianiste d’ambiance dans ce cabaret.

Rapidement, Michèle Arnaud découvre que Serge Gainsbourg a déjà écrit plusieurs chansons que personne n’interprète. Avec son époux Francis Claude, elle souhaite que Serge Gainsbourg interprète sur la scène du « Milord l’Arsouille » ses compositions. Michèle Arnaud devient la première interprète féminine de Serge Gainsbourg.

En 1957, elle enregistre plusieurs compositions de Serge Gainsbourg telles « La recette de l’amour fou », « Douze belles dans la peau », « En janvier » ainsi que « Jeunes femmes et vieux messieurs », et « La Femme des uns sous le corps des autres ». Michèle Arnaud aime également interpréter les textes de Léo Ferré et Boris Vian.

En 1959, elle se produit en vedette américaine à « l’Olympia » et en 1961 en vedette à « Bobino ».

Michèle Arnaud savait dénicher les nouveaux talents. C’est ainsi qu’elle découvre des artistes comme Guy Béart ou encore Philippe Noiret et Jean-Pierre Darras. Elle a l’idée de créer une scène qui se déplace partout en France qui devient, en 1964, sous le parrainage de Georges Brassens et Jacques Brel « Le Music-hall de France ».

Michèle Arnaud produit à la télévision des émissions d’un ton nouveau telles « Les Raisins verts » en 1963 puis « Tilt magazine » à partir de 1966. Ces émissions marqueront cette époque et révéleront Jean-Christophe Averty ainsi que Michel Drucker.

En 1967, elle produit la première comédie musicale à la télévision française, « Anna » écrite par son auteur fétiche Serge Gainsbourg. Elle va trouver ensuite, avec sa propre société de production, une vraie dimension en se spécialisant dans la production de documentaires artistiques et de portraits littéraires.

Elle est décédée à Maisons-Laffitte dans les Yvelines le 30 mars 1998 et repose au cimetière de Montparnasse.

Michèle Arnaud était une artiste insatiable, curieuse et infatigable. Au cours de sa carrière, elle a privilégié les beaux textes et lancé la carrière de jeunes auteurs. Les amoureux de la belle chanson se souviendront de sa voix naturellement posée et agréable et de son remarquable phrasé.

Pin It on Pinterest

Share This