Emissions des 7 et 8 octobre 2017

Je vous propose ce week-end dans le cadre des émissions « Croisière Romantique » de rendre hommage à Edith Piaf à l’occasion du 54ème anniversaire de sa disparition.

Quelques grands succès d’Edith Piaf :

– A quoi ça sert l’amour (1962) en duo avec Théo Sarapo
– Bravo pour le clown (1953)
– C’est à Hambourg (1955)
– C’est l’amour (1960)
– Du matin jusqu’au soir (1951) de l’opérette « La p’tite Lily »
– Eden blues (1958)
– Enfin le printemps (1954)
– Exodus (1961) thème du film « Exodus »
– Jezebel (1951)
– L’accordéoniste (1955)
– L’homme à la moto (1956)
– L’hymne à l’amour (1950)
– La foule (1957)
– La goualante du pauvre Jean (1954)
– La vie en rose (1946)
– Le droit d’aimer (1962)
– Les amants d’un jour (1956)
– Les amants de Paris (1948)
– Milord (1959)
– Mon dieu (1960)
– Mon manège à moi (1958)
– Non, je ne regrette rien (1960)
– Padam… Padam (1951)
– Plus bleu que tes yeux (1951)
– Quatorze juillet (1962) du film « Les amants de Teruel »
– Sous le ciel de Paris (1954)
– Les trois cloches (1946) avec les Compagnons de la Chanson

Hommage à Edith Piaf :

Edith Piaf, née Edith Giovanna Gassion, était née le 19 décembre 1915 à Paris. Elle est décédée le 11 octobre 1963 à Grasse. Elle était une chanteuse française de music-hall et de variétés. Elle était considérée comme l’archétype de la chanteuse française. Elle reste plus de cinquante ans après sa mort la plus célèbre interprète francophone, tant en France qu’à l’étranger.

Surnommée à ses débuts « la Môme Piaf », elle est à l’origine de très nombreux succès devenus des classiques du répertoire, comme « La vie en rose », « Non, je ne regrette rien », « Hymne à l’amour », « Mon légionnaire », « La foule », « Milord », « Mon dieu », « L’accordéoniste », etc..

Artiste possédée par son métier et chanteuse à la voix tragique, elle a inspiré de nombreux compositeurs, fut le mentor de nombreux jeunes artistes et a connu une renommée internationale, malgré une fin de carrière rendue difficile par de graves problèmes de santé, et un décès prématuré à l’âge de 47 ans.

Edith Piaf fut aussi comédienne au théâtre et au cinéma.

Enfant du spectacle, née dans la misère, elle était la fille de Louis Alphonse Gassion, artiste de cirque contorsionniste, et d’Annetta Maillard (Line Marsa de son nom d’artiste), chanteuse de rue. Le prénom « Edith » est choisi en référence à l’infirmière anglaise Edith Cavell, morte en héroïne quelques mois plus tôt, fusillée par les allemands.

Sa mère, trop pauvre pour l’élever, la confie très petite à sa grand-mère maternelle. Line Marsa avait été écuyère, funambule et chanteuse de cabaret. Après Edith, elle a eu un second enfant, Herbert Gassion.

Sa grand-mère ne se serait pas occupée d’elle, laissant la petite fille dans la saleté, ignorant l’eau et l’hygiène. Elle reste 18 mois dans cette pauvre demeure avant que son père en permission de retour du front, la confie à sa grand-mère paternelle, patronne d’une maison close à Bernay en Normandie. Edith était choyée par les prostituées de la maison, mangeant pour la première fois à sa faim, portant de jolies robes et buvant du lait de Normandie. Vers l’âge de 7 ou 8 ans, elle perd momentanément la vue. La grand-mère, ayant appris la guérison d’une gamine atteinte de la même maladie après qu’on eut prié pour elle sur la tombe de Thérèse Martin à Lisieux, décide d’aller avec ses « filles » y demander la guérison de la petite. Elles prennent le train, prient sur la tombe de Thérèse et ramènent de la terre qu’elles appliquent en bandeau sur les yeux d’Edith tous les soirs. Après huit jours environ, Edith est guérie. Elle conservera toute sa vie une dévotion particulière à la « petite » Thérèse, dont elle gardera la médaille autour du cou sa vie durant.

En 1922, son père la reprend avec lui, pour vivre la vie d’artiste de petits cirques itinérants, puis la vie d’artiste de rue indépendant et misérable. C’est, à l’image de sa mère, en chantant des airs populaires dans la rue avec son père qu’Edith révèle son talent et sa voix d’exception. Ils séjourneront à plusieurs reprises dans la petite ville de garnison de Mourmelon-le-Grand où se tenait le music-hall « l’Alcazar ».

En 1930, elle quitte son père et chante en duo dans la rue avec Simone Berteaut, qui deviendra son amie, son alter ego. En 1932, elle rencontre son premier grand amour Louis Dupont. Tous les deux s’installent à Montmartre. Le 11 février 1933, âgée de seulement 17 ans, elle a une fille, Marcelle, de Louis Dupont devenu son amant. Deux ans plus tard, l’enfant meurt, sans doute d’une méningite.

A l’automne 1935, elle est découverte dans la rue par Louis Leplée, gérant du cabaret « Le Gerny’s » sur les Champs-Elysées. A cette époque, Edith fredonne principalement des chansons du répertoire de Fréhel. Louis Leplée lui choisit comme nom d’artiste « la môme Piaf » (un « piaf », familièrement, est un moineau, et « la môme Moineau » existait déjà). Le succès arrive. Son talent et sa voix hors normes sont remarqués entre autres par le compositeur Raymond Asso, et par Marguerite Monnot, compositrice et pianiste virtuose, sa future, et fidèle, grande amie, qui l’accompagnera tout au long de sa carrière et composera les musiques de « Mon légionnaire », « L’hymne à l’amour », « Milord », « Les amants d’un jour ».

En 1936, elle enregistre son premier disque, « Les mômes de la cloche », et connaît un succès public et critique immédiat. Mais en avril, on retrouve Louis Leplée assassiné à son domicile parisien. On découvre qu’il fréquentait les milieux du banditisme de Pigalle, ce qui précipite Edith dans le scandale. Elle est mise en cause par la presse et risque de retourner d’où elle est venue : la rue et les petits cabarets de misère. Elle passe cependant à Bobino et à L’Européen à la fin du printemps.

Mais, quelques disques et un peu de scène ne peuvent nourrir une artiste débutante. A la fin de l’été, elle reprend contact avec Raymond Asso, auquel elle avait refusé « Mon légionnaire » (créé par celle à qui elle devait tant, Marie Dubas en 1935, titre que Piaf reprend début 1937, avec le « Fanion de la légion »). Après Louis Leplée, Raymond Asso devient son nouveau mentor. Il la prend en main et la fait travailler pour en faire une chanteuse professionnelle de music-hall. A l’automne 1936, elle décroche l’Alhambra. Au printemps 1937, elle est à nouveau à Bobino. Mais, Edith veut plus : l’A.B.C., le plus prestigieux music-hall parisien.

En mars 1937, Edith débute sa carrière de music-hall à l’A.B.C. à Paris, où elle devient immédiatement une immense vedette de la chanson française, aimée du public et ses chansons sont diffusées à la radio.

Star de la fin des années 1930, Edith Piaf triomphe à Bobino, ainsi qu’au théâtre en 1940, dans « Le bel indifférent », une pièce spécialement écrite pour elle par Jean Cocteau et qu’elle interprète avec succès en compagnie de l’acteur Paul Meurisse. Toujours avec Paul Meurisse comme partenaire, elle joue dans le film « Montmartre-sur-Seine » de Georges Lacombe (1941). C’est lors du tournage de ce long métrage qu’elle fait la connaissance d’Henri Contet, qui deviendra, à l’instar de Marguerite Monnot, l’un de ses paroliers fétiches. Pendant l’occupation allemande, Edith, qui a définitivement troqué « La Môme Piaf » contre « Edith Piaf », continue de donner des concerts. Malgré un voyage à Berlin, elle cède peu face à l’occupant nazi : elle interprète des chansons à double sens, évoquant la résistance sous les traits d’un amant (« Tu es partout ») et protège les artistes juifs menacés par la milice et les allemands.

Au printemps 1944, elle se produit au Moulin Rouge où le tout jeune chanteur de music-hall Yves Montand passe en première partie de son spectacle. C’est le coup de foudre et Edith Piaf, déjà célèbre et adulée, entreprend de l’initier aux ficelles du métier et à la vie d’artiste. Elle va propulser sa carrière en lui présentant des gens importants à cette époque dans le monde du spectacle : Joseph Kosma, Henri Crolla, Loulou Gasté, Jean Guigo, Henri Contet, Louiguy, Marguerite Monnot, Philippe-Gérard, Bob Castella, Francis Lemarque…

C’est également cette année-là que le père d’Edith meurt. Elle perdra sa mère l’année suivante.

En 1945, Edith Piaf écrit l’un de ses premiers titres : « La vie en rose » (qu’elle n’enregistrera qu’en 1946), sa chanson la plus célèbre, désormais devenue un classique. Elle joue également à la Comédie-Française.

Yves Montand devient à son tour une vedette du music-hall. Il débute au cinéma aux côtés d’Edith Piaf dans « Etoile sans lumière », puis obtient son grand premier rôle dans « Les Portes de la nuit », de Marcel Carné. Ils partent en tournée jusqu’en 1946, l’année où ils se séparent.

C’est en 1946 que la chanteuse rencontre Les Compagnons de la Chanson, avec lesquels elle interprète le titre « Les trois cloches ». La chanson connaît un immense succès. Elle part ensuite avec ses protégés donner des concerts aux Etats-Unis pendant l’année 1947.

En 1948, alors qu’elle est en tournée triomphale à New York, elle vit la grande histoire d’amour de sa vie avec le boxeur français, Marcel Cerdan, qui devient champion du monde de boxe des poids moyens le 21 septembre 1948. Au début de l’année suivante, elle fait avec lui l’acquisition de sa première maison, un hôtel particulier à Boulogne-Billancourt. Elle y compose « L’hymne à l’amour » qui est donné pour la première fois en septembre.

Le 28 octobre 1949, Marcel Cerdan meurt dans un accident d’avion sur le vol Paris-New York, aux Açores, alors qu’il venait la rejoindre. Parce qu’il n’y avait plus de place dans cet avion, un couple avait cédé, avec gentillesse, ses places au boxeur… Anéantie par la souffrance morale (et la culpabilité) et par une polyarthrite aiguë, Edith Piaf prend, pour calmer sa douleur, de fortes doses de morphine. Elle chantera son grand succès, « L’hymne à l’amour » et également « Mon dieu », en sa mémoire.

En 1951, le jeune auteur-compositeur-interprète Charles Aznavour devient son « homme à tout faire », secrétaire, chauffeur et confident. Il lui écrit certaines chansons particulièrement notables comme « Plus bleu que le bleu de tes yeux », ou encore « Jezebel ».

En 1952, elle épouse le chanteur français Jacques Pills. Son témoin est l’actrice Marlène Dietrich, qui a choisi la robe de mariée. L’événement est couvert par plus de soixante quatre magazines.

En 1953, elle entame une cure de désintoxication.

En 1956, elle fait un triomphe au Carnegie Hall de New York, dont elle devient une habituée. Cette même année, elle divorce.

Elle connaît une histoire d’amour avec Georges Moustaki, qu’elle lance dans la chanson et avec qui elle a un grave accident de voiture en 1958, ce qui fait empirer son mauvais état de santé et sa dépendance à la morphine. Elle enregistre la chanson « Milord » (sur une musique de Marguerite Monnot), dont il est l’auteur, l’un de ses plus grands succès.

En 1959, Edith s’effondre sur scène durant une tournée à New York. Elle subit de nombreuses opérations chirurgicales et revient à Paris en piteux état et sans Georges Moustaki. Ils se sont séparés.

En 1960, l’auteur-compositeur-interprète québécois Claude Léveillée vient travailler avec elle à Paris. Edith interprétera quatre de ses chansons : « Le vieux piano », « Boulevard du crime », « Ouragan » et « La voix ».

En 1961, à la demande de Bruno Coquatrix, Edith Piaf donne à l’Olympia de Paris, menacé de disparition à cause de problèmes financiers, une série de concerts parmi les plus mémorables et émouvants de sa carrière. C’est dans sa salle de spectacle de prédilection qu’elle interprète « Non, je ne regrette rien », une chanson qui lui colle à la peau et que Charles Dumont et Michel Vaucaire viennent d’écrire pour elle. Edith sauve l’Olympia de la faillite, mais a du mal à se tenir debout et à bouger du fait de sa polyarthrite très invalidante, et ne réussit à chanter que grâce à une importante perfusion de morphine.

Le 9 octobre 1962, âgée de 46 ans, épuisée et malade, elle épouse Théo Sarapo, un jeune et beau chanteur âgé de 26 ans et déclare qu’elle a parfois l’impression qu’il est en fait « un fils qui veille sa vieille mère malade ». Ils chantent en duo « A quoi ça sert l’amour ? » écrit par Michel Emer, un de ses fidèles compositeurs.

Début 1963, elle enregistre sa dernière chanson, « L’homme de Berlin », écrite par Francis Lai (un des auteurs de la fin de sa carrière) et Michèle Vendôme.

Edith Piaf meurt le 10 octobre 1963 à 13 h 10 à Plascassier (un quartier excentré de Grasse dans les Alpes-Maritimes) à l’âge de 47 ans d’une hémorragie interne (rupture d’anévrisme) due à une insuffisance hépatique, usée par les excès, la morphine et les souffrances de toute une vie. Le transport de sa dépouille vers Paris est organisé clandestinement et dans l’illégalité ; son décès est annoncé officiellement le 11 octobre à Paris, le même jour que celui de son ami Jean Cocteau.

Les obsèques d’Edith Piaf ont lieu au cimetière du Père-Lachaise. Malgré sa foi, parce que divorcée et ayant mené une vie « tumultueuse » au regard de l’Eglise, elle est interdite d’obsèques religieuses. Une immense foule de dizaines de milliers d’admirateurs est venue lui rendre un dernier hommage tout au long du parcours du cortège à travers Paris, du boulevard Lannes jusqu’au Père-Lachaise.

Edith Piaf a été embaumée avant d’être enterrée. Elle se trouve dans un caveau où reposent également son père, Louis-Alphonse Gassion, mort en 1944, son mari, Théo Sarapo, tué dans un accident de voiture en 1970, et sa petite fille Marcelle, morte en 1935, à l’âge de 2 ans.

Personnalité et voix de la chanson française hors du commun, elle reste l’une des chanteuses françaises les plus célèbres au monde et a lancé avec succès la carrière de nombreux chanteurs, comme Yves Montand, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud ou Georges Moustaki. Son image est associée à son inséparable petite robe noire.

Pin It on Pinterest

Share This