Nous étions habitués à voir les Chiens de Navarre aux Subsistances ou dans les cinémas d’art et d’essai avec leur film ‘Apnée’. Avec ces cinq représentations de leur nouvelle pièce aux Nuits de Fourvière, ils touchent un public plus large et moins ‘élitiste’.

 

Et ceci, sur un terrain sur lequel les Nuits de Fourvière viennent assez rarement : Celui des spectacles qui décapent, qui grattent, qui raclent, qui appuient là où ça fait mal, qui dérangent, voire qui choquent pour une partie du public.

 

Ce qui est étonnant avec les Chiens de Navarre, c’est leur capacité à produire un théâtre où on a l’impression d’être dans la vraie vie tellement on a déjà vu ça mille fois : Ces groupes ont tout le monde parle en même temps, qui font un catalogue de poncifs et de préjugés, qui ne s’écoutent pas les uns les autres, qui ne sont ni racistes ni homophobes mais….

 

Et cette capacité, sur une thématique comme l’identité nationale, qui est celle de cette pièce ‘Jusque dans vos bras’, fonctionne à 200 % !

 

Il y a aussi des moments où on nous rappelle que tout ça est une fiction à prendre au second degré avec le taureau qui danse, les requins, les personnages historiques ‘retravaillés’ (le géant de Gaulle Brahim, Jeanne d’Arc faisant un strip-tease d’armure …), le public apostrophé par les comédiens …

 

Bref, les Chiens de Navarre ont toujours cette capacité à dire des choses très sérieuses avec un ton très ‘déconnant’, finalement quelque part dans l’héritage de Choron et de Cavanna : La version théâtrale 2017 de Hara-Kiri !

 

Et en ces temps d’humour de plus en plus aseptisé, ça fait du bien ! Recommandé !

 

Site web des Nuits de Fourvière : http://www.nuitsdefourviere.com/

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