Le thème de ce festival, qui se tient chaque année à Dijon, est la musique et le monde. Cette année, beaucoup de musiques africaines étaient proposées.

 

En arrivant sur le site principal du festival, au Port du Canal, on découvre une belle esplanade aménagée, au bord de l’eau, avec de la verdure, des arbres et un agencement des lieux simple mais réussi : décor africain avec des fûts métalliques colorés, des filets de camouflage, des plantes donnant une impression de ‘jungle’. Bar, nourriture africaine et …. bourguignonne à des prix défiants toute concurrence. Le bar propose bien sûr (entre autres), des vins de Bourgogne au verre.

 

Pour la musique, on trouve un espace gratuit à l’entrée avec une petite scène. Pour la partie payante, après avoir pris son billet dans une ancienne voiture de golf, on accède à un bal monté, dont on nous dit qu’il peut accueillir jusqu’à 350 personnes.

 

Ce jeudi 5 octobre, c’est Joey le Soldat qui ouvrait. Un rappeur burkinabé accompagné par un batteur, mais aussi par des mixtapes. Des sonorités traditionnelles sont mélangées à un rap plus proche de celui des 90’s que de la trap actuelle et la filiation du rap conscient est clairement revendiquée. Une bonne entrée en matière !

 

Ensuite vient la partie payante dans le bal monté appelé le Cabaret Ephémère dont la protection est bien appréciée car dehors au bord de l’eau, il commence à faire frisquet !   A l’intérieur, ça chauffe dans tous les sens du terme. Au thermomètre, mais aussi à l’ambiance. Le Balani Show Bizness de Bamako est inspiré des block parties de Bamako, dont MO Dj, fondateur du groupe, a été un pionnier. Et le mix de musique mandingue, de rap et d’electro met le feu au bal monté ! Le public danse, la chanteuse descend danser dans le public, le rappeur également. Impressionnants musiciens de balafon et de percussions également… Bref, une heure d’énergie pure !

 

Pour écouter une interview de MO Dj, fondateur du Balani Show Bizness de Bamako, réalisée avant le concert, cliquer sur :

 

 

Avec Pat Thomas et son Kwashibu Area Band…. On allait encore monter d’un cran ! Une heure vingt de highlife et d’afro-beat funky, électrique, groovy, pulsatile, chaleureux, avec un groupe dont tous les musiciens donnent l’impression de jouer ensemble à la milliseconde près, avec un son parfait et pour la dernière partie du concert en enchaînant tous les morceaux, ce qui donne l’impression d’un invraisemblable déferlante de rythmes. Impressionnant !

 

Pour écouter une interview de Pat Thomas réalisée avant le concert, cliquer sur :

 

 

Le vendredi 6, pas de pluie durant les concerts, mais un temps bien frisquet !

 

Surtout pour le concert de Twins, gratuit et en plein air. Twins est l’un des groupes issus du projet The Bridge qui associe des musiciens français et des musiciens de Chicago. Twins, ce sont deux batteurs (Makaya McCraven et Edward Perraud) et deux saxophonistes (Stéphane Payen et Fred Jackson Jr). Ils nous ont offert une heure d’improvisation totale, à mi-chemin entre le free jazz et les musiques expérimentales. Superbe !

 

Pour écouter une interview de Stéphane Payen, saxophoniste de Twins, réalisée après le concert, cliquer sur :

 

 

Ensuite on rentre dans la Cabaret Ephémère pour Spoek Mathambo qui délivre une electro-hip-house bourrée de samples, mais aussi de racines sud-africaines, accompagné par un bassiste et un percussionniste qui jouent live. Cette rythmique live, couplée aux rythmes plus electro-house du laptop, produit un groove très chaleureux et analogique, qui pulse tellement que ça danse beaucoup dans le public.

 

Le public s’étoffe pour le groupe de Soweto BCUC qui fait forte impression : De longs morceaux afro avec rythmique live et basse bien en avant, mais aussi flûtes, sifflets, textes politiques et sociaux toastés, qui, sur la longueur, finissent par produire un véritable effet de transe sur le public qui ‘rentre’ complètement dans le concert. Très fort !

 

Pour écouter une interview de BCUC, réalisée avant le concert, cliquer sur :

 

 

On va ensuite jeter un œil et une oreille à la Péniche Cancale où DJ Emile Omar mixe dans un style latino et tropical. Ambiance sympathique ! Pour 5 euros seulement il est possible de rester jusque tard dans la nuit.

 

Un peu moins frisquet le samedi 7 !

 

On commence avec le collectif Sopaloca basé à la Friche Lamartine à Lyon. Après avoir joué à la Minoterie pour le bonheur des enfants et de leurs parents, ils déambulent dans la partie gratuite du Village au Port du Canal, avec une affluence du public bien plus importante que les autres jours. Le groupe produit une cumbia festive.

 

On passe aux ‘choses sérieuses’ avec Spicy Frog dans le Cabaret Ephémère. Il s’agit en fait du trio Bo Bun Fever (qui fait partie du Tricollectif) et de deux chanteurs indiens : Mahima Dayal et Amrit Rao. Les premières minutes du concert ont paru très French Touch. On pensait même à Air avec ces nappes de claviers sur des rythmiques house. Mais ensuite l’énergie est montée et on était plutôt dans une synthèse vraiment originale entre jazz, rock, house, et musiques indiennes et ceci, en version haute énergie. Recommandé !!

 

La Malka Family (reformée depuis 2015) était très attendue par un public dense et qui se tenait proche de la scène. Il faut dire que leur funk est sacrément efficace et en place puisque 12 musiciens font preuve d’une totale cohésion en donnant l’impression que tout tombe parfaitement juste. Comme on dit : ‘ça joue’ !

 

Pour écouter une interview de la Malka Family, réalisée avant le concert, cliquer sur :

 

 

Dimanche 8 ! Dernier jour de ce Tribu Festival 2017.

 

C’est la direction du Consortium qu’on prend dès 11 heures du matin pour une rapide visite commentée de la partie consacrée à Wang Du, choisie parmi les quatre artistes exposés au Consortium.   Et à 11 h 30, c’était une performance de Julien Desprez appelée ‘Acapulco Redux’ qui met au même niveau d’importance son, lumière et mouvements dans l’espace. Il est seul avec une guitare électrique et un nombre impressionnant de pédales d’effets. On est dans une démarche totalement expérimentale, bruitiste, noisy, qui semble se situer dans l’héritage de l’underground new-yorkais des 80’s ou du post-rock des 90’s mais qui rejoint le plus actuel le plus contemporain et le plus pointu. Un beau final pour ce Tribu Festival 2017 !

 

Pour écouter une interview de Julien Desprez réalisée après le concert, cliquer sur :

 

 

Site web du Tribu Festival : http://www.tribufestival.com/

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